Mardi, 14 Février 2012
Et si l'Ecossais de 22 ans offrait enfin Wimbledon au Royaume-Uni, après soixante-treize ans d'échec? Malgré une entrée poussive sur le tournoi hier, les Britanniques se prennent à espérer la victoire d'un champion prometteur et insaisissable

Andy Murray espère décrocher à Wimbledon son premier titre de Grand Chelem et le treizième de sa carrière (photo AFP)

Andy Murray, c'est un peu le Susan Boyle du tennis britannique. Avec sa compatriote écossaise, il partage le cheveu rebelle, le caractère bien trempé et une extraordinaire capacité à faire des merveilles quand on ne l'attend pas.
Comme pour la chanteuse de télé-crochet, la presse et le public ne savent pas encore quoi penser de ce mauvais garçon lunatique. Originaire de Dunblane près de Stirling, à 50 km d'Edimbourg, il a échappé en 1996 au massacre de seize enfants perpétré dans son école. Une période qu'Andy Murray a toujours refusé d'aborder, tout comme l'ensemble de sa vie privée. Volontiers renfrogné, peu enclin à s'épancher et rétif aux interviews, le tennisman a vite gagné son surnom de "Angry"Murray, l'homme en colère qui laisse les Anglais circonspects. "Il me rappelle moi-même", s'est félicité l'ancienne star colérique John McEnroe, qui commente les matchs pour la BBC.

Federer? Même pas peur
Soixante-treize ans après la victoire de Fred Perry sur le gazon londonien, la Grande-Bretagne se cherche encore un champion. Deux fois demi-finalistes à Wimbledon au début des années 2000, Tim Henman n'a fait que nourrir les frustrations. Alors, même s'il bouscule l'univers policé du tennis anglais, Andy Murray semble être l'homme de la situation.
A tout juste 22 ans, il a fait son entrée hier à Wimbledon en battant en quatre sets l'Américain Robert Kendrick. Une victoire sans éclat certes, mais le troisième joueur mondial a déjà donné un aperçu de ses talents sur gazon en remportant la semaine dernière le tournoi du Queen's contre James Blake.
Du haut de son 1,90m, il évolue chez les pro depuis 2005 et collectionne quatre victoires depuis le début de l'année. Mieux encore, il fait partie des rares joueurs capables de revendiquer plus de succès que de défaites contre Roger Federer.
En l'absence de Rafael Nadal, le Suisse sera le seul vrai obstacle sur le chemin du Britannique, et le champion aux cinquante-neuf titres se verrait bien rafler une sixième récompense à Londres. Mais Andy Murray, frondeur, garde la tête haute: "Plus je joue contre lui, moins il me fait peur", déclarait-il en janvier quelques jours avant l'Open d'Australie.
Pense t-il que son heure est venue, comme le clamait dimanche le Sunday Times? Dans les colonnes du Guardian, Andy Murray s'en remet surtout au bon sens: "Je rentre dans ce tournoi en sachant que je peux gagner, mais ça ne veut pas dire que je vais le faire."
Alexia Eychenne ( Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. ) mercredi 24 juin 2009

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