Écrit par Jean Marc Jacob
Les Lascars et Les beaux gosses déboulent sur les écrans et ne devraient pas plaire qu'aux djeunes. Il faut dire que l'adaptation de la série animée et la première réalisation du bédéaste Riad Sattouf sont franchement irrésistibles 
Coups de fouet, coups de jeunes et coups de maître pour les comédies françaises en ce moment dans les salles avec la banlieue et sa jeunesse au cœur de deux franches parties de rigolade. La série Lascars, diffusée sous forme de courtes vignettes sur Canal+ et plébiscitée par les internautes passe au format supérieur.
Ça déménage dans la cité le temps d'un été. En panne d'argent pour se poser sous les cocotiers, Tony Merguez tente d'écouler les kilos d'herbe fournis par Zoran, un grossiste du genre violent, tandis que ses acolytes charment la belle Clémence, tournent un porno ou montent un sauna norvégien. Vannes, gags et galères enchaînent à fond de train dans un univers visuel mêlant 2D et 3D, habile à rendre les personnages présents. Leur incarnation graphique efficace est soutenue par les prestations vocales bien senties de Vincent Cassel, Omar et Fred, Diane Kruger ...
Si le scénario n'est pas toujours inédit, le rythme et l'énergie emportent tout. Les dialogues, gonflés jusqu'à l'outrance de verlan et de formules racailles, parviennent à sonner presque juste et jouent avec les nouveaux archétypes tout en s'inscrivant dans la grande tradition des loosers magnifiques. Tonique.
Acmé juvénile Retour au collège, La vie secrète des jeunes ... On connaissait depuis un moment le regard acéré de Riad Sattouf sur les adolescents. L'auteur et dessinateur de bande dessinée change lui aussi de format pour passer avec grâce au grand écran. La banlieue où il situe ses personnages est moins caricaturale que celle des lascars. De façon générale, quelque chose de plus intemporelle se dégage des Beaux gosses, branché en prise directe sur son sujet : les tourments de l'âge ingrat et l'obsession commune de tous les garçons pour le sexe. L'intrigue est plate comme un carnet de liaison : emballer ou ne pas emballer, en parler et s'astiquer dans une chaussette en échappant à la bienveillante ingérence maternelle. De ces quelques éléments rebattus, Riad Sattouf tire un petit miracle. En ne reniant rien de la balourdise potache de ses héros, il les maintient en apesanteur au dessus de la trivialité des apparences. Une sorte de discrète émotion s'installe alors, à peine perceptible sous les répliques déjà cultes, mais infiniment chaude et précieuse.
Drôle de bout en bout, Les beaux gosses est une réussite aux allures modestes et notre coup de cœur des beaux jours.
Jean Marc Jacob (lepetitjournal.com) mercredi 24 juin 2009Lascars de Albert Pereira Lazaro et Emmanuel Klotz (1h36) avec Vincent Cassel, Omar Sy, Fred Testot, Diane KKruger...
http://www.lascars-lefilm.com/ Les beaux gosses de Riad Sattouf (1h30) avec Vincent Lacoste, Anthony Sonigo ...
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