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A deux ans de la coupe du monde qui verra les Bleus affronter la Nouvelle-Zélande dès le premier tour, la France a prouvé qu’elle restait une épine dans le pied des Blacks Il faut être allé en Nouvelle-Zélande, le " Brésil du rugby ", pour savoir à quel point le traumatisme "made in France" est ancré dans tous les esprits (AFP). 1979 à Auckland, 1999 à Londres, 2007 à Cardiff, et maintenant 2009 à Dunedin. Sans oublier le double exploit de la bande à Saint-André en 1994, vainqueur de la série de tests au bout du monde. De là à parler de complexe, il n’y a vraiment pas loin…
Et on peut-être sûr que la double série de tests qui vient de s’achever au pays du Long Nuage blanc va renforcer cette impression. Car la France – venue cette fois avec l’essentiel de ses forces vives – a une fois de plus contrecarrer l’habituelle maîtrise des Blacks, qui restaient pourtant sur une victoire dans le Tri Nations et une tournée triomphale dans les îles britanniques. A la benne, les 50 points de moyenne encaissés ces six dernières années avec "des équipes en bois" jetées en pâture à la face des All Blacks ! Il y a d’abord eu ce premier test, remporté 27-22 à Dunedin le 13 juin. Samedi, à Wellington, dans des conditions de jeu dantesques (pluie, vent) qui ne favorisaient pourtant pas le jeu de mouvement, les Bleus sont passé à nouveau à côté de l’exploit, ne s’inclinant que de quatre points (14-10). Mais les Néo-Zélandais auront surtout retenu cette capacité des Bleus à pouvoir renverser le cours d’un match en misant sur ce qu’ils appellent avec solennité et respect "le french flair". Premier trophée Gallaher L’essai incroyable d’Heymans, sur un one man show de 45 mètres où il met au supplice cinq All Blacks dans le petit périmètre, résume cette capacité tricolore à mettre le feu. En toute fin de partie, Clerc a aussi eu la balle de match au bout des doigts, avant de perdre la balle à un mètre de la ligne d’essai. On a alors vu Graham Henry, le coach des Blacks, pousser un énorme ouf de soulagement… Mais pour être tout à fait honnête, cette jeune équipe de France a trop pêché dans le jeu au sol et sous les chandelles notamment pour totalement mériter la victoire. " On va retenir la leçon, promet l’arrière du XV de France, Maxime Médard. On veut être champions du monde dans deux ans ici et on mesure le travail qu’il reste à faire pour y parvenir ". Aucun doute, les Bleus on pris date avant de retrouver ces mêmes All Blacks à Auckland en septembre 2011. Avant un dernier test contre l’Australie samedi à Sydney, la France est repartie de Nouvelle-Zélande pour la toute première fois (grâce à un meilleur point-average) avec le trophée Dave-Gallaher. Une coupe chargée d’histoire puisque Gallaher était le capitaine mythique des Blacks lors de la première tournée en Europe en 1906. Il est mort au combat en France en 1917. Un trophée qui tient une place à part dans la culture néo-zélandaise. Un imaginaire que les Bleus se sont une fois de plus échinés à marquer de leur empreinte. En attendant mieux en 2011. Valéry Lefort (www.lepetitjournal.com) Lundi 22 juin 2009 |