De son œil affuté, Lanin Hak, la jolie et dynamique fondatrice de l’agence de modèles K, repère ceux qui, demain, deviendront l’image du dernier mobile à la mode ou feront les mannequins pour des stylistes de prestige. Zoom sur un casting façon khmère…

Lanin Hak à la recherche de la nouvelle star (Crédit: Nicolas Axelrod)
14 h, un mercredi. Une ribambelle de jeunes Cambogiens patientent dans l’escalier menant au podium de l’agence K. En haut, deux personnes les attendent, bien décidées à les déshabiller… du regard. Armée d’un photographe professionnel dont l’œil est aussi aiguisé que le sien, Lanin Hak, 28 ans, se tient devant la longue estrade où s’exerce habituellement le fameux « catwalk ». Mais aujourd’hui, pas de professionnels accoutumés à « la marche du chat », tout au moins pas encore. Ces jeunes, qui dans quelques minutes « défileront » devant leur jury, ne sont pour l’instant que les recrues potentielles de l’agence K…
Une occupation plus qu’un métier
Depuis 2006, Lanin, qui fut elle-même mannequin, travaille en effet avec de grandes sociétés cambodgiennes qui lui font confiance pour trouver les « gueules » à même de représenter leurs produits dans les pages des magazines, à la télévision ou lors d’événementiels. « Les besoins sont très divers, explique Lanin, bien sûr, le visage est important, mais je recherche aussi de beaux corps, pour les défilés. Et des personnes photogéniques, d’où l’aide des photographes, dont je ne peux me passer pour faire mon choix. Côté taille, les filles doivent au minimum faire 1,60 m et les garçons 1,70 m. » Si plusieurs dizaines de personnes travaillent pour K, Lanin recherche constamment de nouvelles recrues. « Je mets des affiches dans les lycées et les universités. D’abord parce que j’ai plutôt besoin de jeunes, mais aussi parce qu’ils ont du temps. Ce n’est pas une occupation à temps plein, les besoins sont ponctuels, c’est un travail à côté pour se faire un peu d’argent de poche. »
Une des sélectionnées du K-asting (crédit: Asean View Report)
Devenir une star, la réelle ambition
Pourtant, même s’ils peuvent gagner jusqu’à une centaine de dollars pour une journée complète, la motivation des jeunes venus postuler aujourd’hui ne semble pas résider dans le montant de leur salaire, mais plutôt dans l’espoir de devenir des stars du petit écran. « On m’a souvent dit que j’étais mignon, explique Sothea, 19 ans, alors je suis venu tenter ma chance car j’aimerais bien être connu, peut-être qu’on me remarquera et que je trouverais un travail à la télévision. » Même réponse pour Raksmey, une jeune fille aux cheveux splendides, parfaite pour une pub de shampooing : « Je n’ai pas particulièrement envie de devenir mannequin mais je voudrais bien être remarquée et devenir chanteuse. »
Au Cambodge, le métier de modèle est loin du métier modèle
Pourtant, loin de l’image glamour et enviée des mannequins occidentaux ou thaïlandais, le métier de modèle n’est pas du tout entouré de la même aura au Cambodge : « On confond encore mannequin et prostituée parfois dans le pays. Ce métier n’a pas bonne réputation, explique Lanin. C’est pourquoi je fais le maximum pour travailler avec des personnes et des des sociétés sérieuses. Mais nous ne pouvons pas être responsables de la conduite de nos modèles à l’extérieur. » Mealay, 20 ans, venue accompagner une de ses amies, aurait ainsi bien aimé participer au casting mais « mes parents sont tout à fait contre. Ils trouvent que ce métier est dégradant. Moi je ne suis pas de cet avis mais je ne veux pas leur faire de la peine. »
Un œil expert pour trouver des pépites cambodgiennes
Aujourd’hui, une douzaine de jeunes, autant de filles que de garçons, sont au rendez-vous. Certains sont très sûrs d’eux, d’autres osent à peine porter le regard au-delà de leurs chaussures ou simplement sourire. Aucun ne possèderait les critères d’une agence internationale, mais peu importe, ici, il suffit souvent d’un joli sourire, d’une belle silhouette ou d’une peau parfaite pour faire la différence. L’œil expert de Lanin s’y trompe rarement. Et si son choix se porte sur l’un d’eux, nul doute qu’elle saura en faire un K-nom.
Corinne Callebaut (LePetitJournal.com Cambodge) lundi 22 juin 2009
Agence K, 20 B rue 282, au-dessus des magasins de prêt-à-porter et de lingerie fine Promesses et Kaprices.
Tel: 023 993 527
HP: 012 229 889
E-mail:
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Plus d’informations : www.k-models-agency.com