L’insaisissable Gonzales n’en finit pas de détonner. A Ciné 13 Théâtre, une petite salle parisienne de 120 places, l’artiste canadien a battu le record du monde du plus long concert individuel ! Pendant 27 heures, le pianiste éclectique a revisité un répertoire de 300 chansons mêlant les genres et les époques
Né à Montréal en 1972, de son vrai nom Jason Charles Beck, Gonzales a quitté le Canada en 1998 après un différend avec une maison de disque. L’artiste a fui alors l’étiquetage de l’industrie musicale pour se réfugier en Allemagne. Il y sera révélé au grand public en 2000 avec son premier album Gonzales Über Alles paru sur le label berlinois Kitty Yo.
Egocentrique et égoïste, Gonzo l’affiche et l’assume.
Il s’est choisi un nom de scène qui soit « décalé » par rapport à ses origines juives-hongroises et sa nationalité canadienne, dit-il. Mais Gonzales ce n’est pas seulement un nom. C’est un personnage atypique fait de tout un ensemble.
Son look et ses fameux costumes roses, son comportement et son contact avec le public en font un showman hors paire. Pianiste confirmé, il connaît la musique et aime la déchiffrer. Son aventure artistique a commencé très tôt avec le piano. Telle une éponge qui absorbe tous les styles, il n’en est pas resté là. Il invente et réinvente son style en restant ouvert à toute nouvelle expérience.
Entertainer underground Il chante, il joue du piano, il produit des artistes, il arrange et surtout il crée. Gonzales tient à tout ce qui se fait en musique. En sept albums, ses registres ont oscillé entre electronica et trip hop teinté de délires dadaïstes, pop et ambiance jazzy, hip hop expérimental et musique classique. Gonzales n’a peur de rien. Aujourd’hui installé à Paris et associé à Renaud Letang (producteur de Manu Chao), il multiplie les rencontres.
Ses collaborations vont de Daft Punk à Philippe Katerine en passant par Björk, Dani, Feist, Jane Birkin et d’autres. L’entertainer canadien est en recherche perpétuelle de l’étonnement de son public. A chaque concert, à chaque disque, il a expérimenté de nouvelles choses et a bousculé les limites de la prise de risque.
Il n’est donc pas anormal de voir aujourd’hui la "Gonzomachine"battre le record du monde du plus long concert individuel et entrer dans le Guinness Book of Records. Pendant 27 heures, l’artiste a revisité un répertoire de 300 chansons mêlant les genres et les époques. Prouvant ainsi que les facettes de son personnage ne sont pas encore épuisées.
Adil Elamrati. (www.lepetitjournal.com) lundi 22 juin 2009