Président du jury pour la quatrième édition du festival de la Corne d’Or, Attila Demircioğlu, 52 ans et professeur à l’université de Galatasaray, est avant tout un chanteur turc tombé très vite amoureux de la chanson française. Aidé par un jury composé de professeurs de français et de musique, ainsi que par des professionnels de la chanson, il doit départager dans deux jours les seize candidats venus du monde entier, au terme d’un concours où la langue de Molière fait son festival en musique
Attila Demircioğlu préside ce week-end le 4ème festival de la Corne d'Or
LePetitJournal.com Istanbul – Comment êtes-vous devenu Président du festival de la Corne d'or cette année ? Attila Demircioğlu – Je suis le directeur artistique de ce festival. La première fois que nous l'avons organisé, le concours était national. Comme il y a eu un bon écho, on a voulu que ce festival fasse parti de ceux organisés soit par les alliances françaises, soit par d’autres institutions de la francophonie. Un est organisé en Bulgarie, un autre en Inde et donc ici à Istanbul à l’université de Galatasaray. Des candidats du monde entier sont présents cette année. Par exemple, nous avons des chanteurs de la Moldavie, de la Roumanie, de la France et même d'Inde, sans oublier les candidats turcs.
LPJI - Comment allez-vous départager les candidats, vous ne craignez pas d’être influencé par le public ? AD - Les candidats chanteront d’abord une chanson dans leur langue maternelle le jeudi, puis après une première élimination, une dizaine d'entre eux se retrouvera en finale pour y chanter une chanson francophone de son choix. Concernant le public, jusqu’à présent, il n’a pas été question de ce genre d’influence. Même si bien sûr, en tant que membre du jury, on est en général sensibles à la réaction du public, aux applaudissements.
LPJI – Parlez-nous un peu du programme chargé proposé lors du festival ? AD - Je suis aussi responsable du club de musique de l’université. Il y aura de la musique balkanique proposé par un groupe de l’université, un groupe de jazz de notre université, un autre de rock…Beaucoup de groupes de rock en fait…Pour cette période d’âge, la musique préférée, c’est le rock. Je ferai aussi une petite performance le jour de la finale. Je chanterai des chansons françaises tout seul à la guitare, c’est ce que je fais depuis des années. Je vais chanter du Brel, du Brassens, du Moustaki dont je suis le traducteur en Turquie.
LPJI - Comment êtes-vous tombé amoureux de la chanson française ? AD - La chanson française, je l’ai découverte bien avant que je me mette à étudier la langue française. Je ne connaissais aucun mot, à part « oui » ou « non », mais à cette époque-là, la chanson française était très à la mode et c’est peu de le dire. Elle vivait son apogée en Turquie quand j'avais dix, douze ans. Tout le monde connaissait Moustaki, Brel, Bécaud…Le premier chanteur qui m’a le plus influencé, c’est Georges Moustaki, dont je suis un ami maintenant. Depuis, je n’ai pas arrêté de chanter en français soit chez moi, soit dans ma vie artistique. Je suis connu pour chanter des chansons françaises. L’amour pour la chanson française est encore présent en Turquie, bien que l’anglais soit très répandu. La chanson française continue son chemin, comme le montre la venue de Patricia Kass dernièrement. Chaque année, il y a deux ou trois chanteurs qui viennent chanter en français. Il y a une certaine génération ici qui apprécie beaucoup la chanson française.
Le Programme du festival de la Corne d’Or du 18 au 20 juin en cliquant ici.
Propos recueillis par Adrien Godet (www.lepetitjournal.com Istanbul), jeudi 18 juin 2009.