Mardi, 14 Février 2012

En février dernier, un projet de redéploiement du dispositif culturel de la France à Turin prévoyant à court terme la fermeture du Centre culturel français était prévu. Où en sont les choses aujourd’hui, à quelques mois de la date d’échéance annoncée ?

Au numéro 60 de la via Saluzzo, la vie continue : il faut renseigner, enseigner, faire passer les examens, ouvrir la médiathèque… Pourtant, l’inquiétude est bien là, palpable, dès qu’il est question de l’avenir. Le projet de réorganisation de la présence culturelle française à Turin, présenté en février dernier par M. de La Sablière, ambassadeur de France en Italie, prévoyait la fermeture du Centre culturel et la mise en place d’une structure nouvelle : une Alliance française, chargée d’assurer les missions de diffusion et de rayonnement de la langue française, tandis que les missions de coopération culturelle et universitaire devaient être confiées à un délégué rattaché directement au Consulat. Une transformation présentée comme nécessaire et inéluctable, liée à un redéploiement plus général de la présence française dans le monde. Simple, rapide, efficace : la fermeture du Centre, prévue pour le 31 août 2009, semblait donc imminente. Or, aujourd’hui encore, la date de mise en place du nouveau dispositif est incertaine. 31 août ou 31 décembre ?

Des inquiétudes partagées
Confrontés à une situation personnelle difficile, mais surtout inquiets pour le devenir de la présence française à Turin, les personnels enseignant et administratif du Centre regroupés au sein d’un collectif pour le français sont à l’origine d’une pétition pour soutenir le CCF. “Je dois dire que cette pétition a été accueillie de manière très positive et encourageante”, déclare Elisa Langin, enseignante au CCF, puisque “en quatre semaines, nous avons recueilli près de 3.000 signatures.” Vicky Vincensini, elle aussi enseignante au CCF, renchérit : “Nous insistons sur la notion de continuité : en cas de fermeture du Centre, il faudrait que la naissance de l’Alliance soit immediate, de manière à ce qu’elle puisse profiter des élèves et de l’expérience du CCF, en évitant de tout recommencer à zéro”.
D’autres initiatives ont également vu le jour. L’ANILF (Associazione Nazionale per l’Insegnamento della Lingua Francese) est à l’origine d’initiatives diverses et variées, relayées par le quotidien national La Repubblica : envoi d’une lettre à M. de La Sablière, mais aussi à Mme Carla Bruni-Sarkozy… Pour Silvia Diegoli, présidente de l’ANILF, cette fermeture est inconcevable "dans une ville traditionnellement francophone qui appartient depuis quelques années à une région transfrontalière, AlpMed, à un moment déjà difficile pour l’enseignement du français en Italie. Nous n’avons pas l’intention de subir passivement cette fermeture que nous estimons néfaste et dont les effets à long terme risquent d’être pernicieux. C’est pour cela que nous avons décidé d’écrire à des personnalités du monde de la culture, de l’économie, de la politique, afin de demander leur soutien pour empêcher la fermeture du Centre culturel de Turin".

Le point sur la situation
Madame Vouland-Aneini, Consule de France à Turin et directrice du CCF, tient cependant à rassurer la communauté française et francophone : ayant mesuré l’importance des enjeux culturels présents à Turin, la France n’entend pas se désengager;au contraire, elle souhaite s'adapter en créant une structure mieux adaptée aux temps actuels, plus souple et plus dynamique, selon le schéma présenté en février dernier. Consciente du fait que les retards pris sur le calendrier initial sont insupportables dès qu’il s’agit de l’avenir des personnes, elle confirme que l’objectif principal est de donner toutes ses chances à la nouvelle Alliance. L'exercice n'est pas simple : il faut essayer de conciler toutes les exigences, tout en tenant compte des inquiétudes d'ordre pédagogique exprimées par les enseignants. Pour le rayonnement de la langue française à Turin tout comme pour les carrières des personnels du Centre, le choix du calendrier risque effectivement d’être fondamental. La balle est désormais dans le camp de la Fondation Alliance Française, qui devrait émettre son verdict dans des délais assez brefs...
Christine Correale. (www.lepetitjournal.com - Turin) jeudi 18 juin 2009

Comment manifester son soutien au CCF ?
Collectif pour le français
: envoyer, le plus rapidement possible, un mail avec son nom, son prénom, sa profession, en précisant son rapport avec le CCF (ancien élève, Français vivant en Italie, francophile…) à l’adresse
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Pétition de l’ANILFenvoyer un message avec votre nom, votre prénom et votre activité professionnelle à l'adresse Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. ;pour lire le texte de l'appel, consulter le site www.anilf-torino.it

Pour en savoir plus sur les changements prévus, cliquez ici

Cette pétition a déjà été signée par M. Gianni Oliva, Assessore alla cultura de la Région Piémont