Mardi, 14 Février 2012

Consommation journalière, toutes utilisations confondues : 50 milliards de m3, tirés du Huangpu jiang, 13 millions de m3, provenant du Yangzi, 220 litres « envolés » en moyenne par habitant… Des chiffres qui donnent le tournis. Gestion de l’eau, assainissement, taxes sur l’eau, augmentation du prix, lutter contre le gaspillage, tout est envisagé pour transformer ce produit démocratique indispensable en or noir. Aujourd’hui l’eau du foyer consommée à Shanghai est la moins chère de toute la Chine mais plus pour longtemps

Les besoins en eau s’accroissent dans les complexes d’habitation moderne tout autant que dans les quartiers populaires où la tuyauterie a fait son temps. L’été à Shanghai, de juin à août, c’est le pays de la soif. Mais même assoiffé, on ne boit pas l’eau fraîche du robinet. Elle n’est pas potable. Elle a un fameux goût de ferraille. On se rabat sur les boissons à bulles, les eaux minérales ou les boissons chaudes. Mais chaudes comment ? Attention à ces eaux du robinet… bouillies parfois à moins de cent degrés pour accueillir un hôte dans une gargote de quartier tout comme dans un lieu de convivialité plus huppé. L’estomac peut être nettoyé de fond en comble à la suite d’une dégustation. De plus, pourquoi le fast-food le plus connu à Shanghai, pour ne pas le citer, utilise l’eau du robinet pour ses glaçons ? Ou bien pourquoi payer un thé vert 30 yuan dans une des deux librairies-café de Shanghai pour, en fin de compte, consommer une fois de plus, cette eau fadasse du robinet ? Quand on pense que dans certains quartiers résidentiels de Shanghai, la consommation mensuelle de l’eau se monte à une facture ridicule de 25 yuan ! Faut-il alors se rendre au Tibet, par exemple, à Dangxiong, pour retrouver les vertus de l’eau pure (minérale) dans un bol d’eau fumante ?

Une corvée d’eau ?

Pourquoi ne pas tenter une de ces machines à eau propre, implantée dans presque chaque quartier d’habitat vernaculaire de Shanghai, les lilong ? Un exemple : une bouteille plastique d’eau minérale de 4 litres coûte entre 7 et 9 yuan dans un classique « convenient store ». Quatre de ces bouteilles remplies à la machine d’eau plate, sans aucun goût, soit seize litres, valent 4 yuan ! C’est ce qu’on appelle aussi à Shanghai, la corvée d’eau ! Mais un peu d’exercice, n’est-ce pas un bon point pour la santé, muscles ventraux et biceps sont alors récompensés deux fois par mois. L’eau c’est aussi un marché important de cyclistes professionnels transportant des dizaines de kilos du précieux nectar. Toutes les sociétés à Shanghai, utilisent ce système « à l’américaine » du bidon d’eau potable installé sur un socle, permettant, lors d’un break, une utilisation « intelligente » de l’eau. Et pour vous, ce sera ? Café, Thé, Eau minérale ?

François Gonze (Shanghai) édition du 18 juin 2009