Véritable phénomène médiatique, Guillaume Musso a sorti Que serais-je sans toi ? Paru fin avril, son annuel roman est déjà un best-seller vendu à plus de 420.000 exemplaires. Mais qu’en est-t-il de cette jeune plume dont les livres comblent les espaces publicitaires ?
Natif d’Antibes, Guillaume Musso est une machine à faire lire ! (photo XO éditions –T.Volf)Dès son premier best-seller
Et après… -paru chez XO en 2004 et adapté au cinéma début 2009 par Gilles Bourdos, Guillaume Musso n’a pas connu de panne. Chaque année depuis cinq ans, au printemps, il sort une histoire. Ancien professeur d’économie, converti par accident à l’écriture, il a déjà vendu plus de cinq millions d’exemplaires en six romans. "Comment as-tu fait ?"est la question qui vient à l’esprit, à l’image des titres accrocheurs qu’il manie habilement…
En réalité la recette de Musso n’est pas nouvelle : intrigues à l’hollywoodienne, vocabulaire simple (voire simpliste), psychologie facile des personnages et pour couronner le tout une touche de surnaturel. Elle est là la clé du succès : le natif d’Antibes vend de l’américain produit en France. Il est tombé amoureux de New York à l’âge de 19 ans, lors d’un voyage, il s’en est inspiré plus tard.
Le populaire vend bienL’idée communément admise, c’est qu’il est difficile de combiner talent littéraire et succès populaire en France. A l’instar de tous les auteurs à succès comme Stephenie Meyer, Amélie Nothomb ou Paulo Coelho, Guillaume Musso divise la critique. Les plumes distinguées publient des livres dont le public est discrètement invisible, lui ne semble pas appartenir à cette veine. Mais, loin s’en faut, tous les best-sellers ne sont pas mauvais.
Guillaume Musso joue solo et soigne sa stratégie de communication. D’ailleurs il se défend de tout sectarisme, ne tient pas compte de la critique et préfère le bouche à oreille. Dans les rares interviews qu’il accorde, il déclare travailler beaucoup et livre les détails de ses horaires -le matin dès 7 heures, le soir mais pas l’après-midi. Son public, il le voit large : de la petite fille de 12 ans à la grand-mère de 80 ans. "Populaire"donc, Musso l’assume dans l’acception de "proche du peuple", justifiant ainsi la facilité littéraire de son œuvre.
Même si les libraires n’en raffolent pas, "le Musso"ils aiment bien le vendre. C’est toujours l’occasion de proposer à ses fans d’autres ouvrages plus littéraires. Au final il ne vend pas que pour lui, il vend aussi pour les autres...
Adil Elamrati (www.lepetitjournal.com) jeudi 18 juin 2009Que serais-je sans toi ?, Guillaume Musso, XO Editions, 304 pages, 19€90