Écrit par Séverine Lenglet
Le "WirrWarr"fête son premier anniversaire. En juin 2008, deux jeunes Françaises Aline et Vanessa ouvrent une "galerie-salon"dans la Dieffenbachstraße à Berlin. Cabaret, expositions, soirées films, lectures, workshops - ce lieu très cosy promeut l’art Queer…
Photos : Séverine Lenglet
"Queer est un mot anglais signifiant "étrange", "peu commun". Il était souvent utilisé comme insulte envers des individus gays, lesbiennes et trans … Par ironie et provocation, il fut récupéré et revendiqué par des militants et intellectuels gays transgenres, bisexuels et travestis à partir de la fin des années 1980", explique Aline, co-fondatrice du WirrWarr. Dans la "galerie-salon", le public, majoritairement féminin, lesbien et politisé, vient du monde entier. Les habituées sont presque toutes des artistes extravagantes. La jeune Française Kla, tatouée de la tête aux pieds, tourne dans la capitale allemande avec ses performances burlesques. L’Australienne Gaby, tient le "Wonderbar"dans la Wienerstraße et participe à des poetry-slams au WirrWarr. Cindy, l’Américaine au look hip-hop, a créé le Label "Crunks not dead". Marine et Miruna contaminent les soirées électro berlinoises de leur "Stereonucleose".
"Berlin, la ville où tout est possible"Aline et Vanessa, les deux fondatrices du WirrWarr, se rencontrent en 2006 sur Internet. Après une année à Montpellier, elles décident de s’installer dans la capitale allemande.
"J’ai étudié les langues nordiques et ai vécu en Suède, Islande et Lettonie", raconte Aline, 28 ans, originaire de Mulhouse.
"Mais lors de notre choix, on a exclu les pays nordiques parce que leurs capitales sont trop petites. On a exclu Londres parce que c’est trop cher, les pays du Sud parce qu’ils sont trop machistes. On a jeté notre dévolu sur Berlin parce que c’est une ville où tout est possible", ajoute Vanessa, 29 ans, originaire de Paris. Après plusieurs mois de tourisme dans la capitale allemande, les deux jeunes femmes décident d’y créer un lieu de rencontres Queer.
"J’ai vendu ma voiture et demandé de l’aide à ma famille", explique Vanessa. Avec 10.000 euros en poche, elles louent une salle de 200 m2 qu’elles décorent de fauteuils rouges, de mannequins ainsi que de néons bleus et violets.
"Le plus dur était de se faire connaître", raconte Vanessa
. "Mais heureusement, dès août 2008, nous avons accueilli deux soirées de la "Lady fest". Près de 400 personnes sont venues participer à différents évènements. Ça nous a lancé". "Joyeux bordel"Il restait à trouver un nom à ce lieu peu ordinaire.
"On a choisi WirrWarr parce que ça veut dire méli-mélo", explique Vanessa.
"Ou joyeux bordel. Ca nous correspond bien", s’amuse Aline. Tous les deux mois, elles ouvrent le lieu à des poetry-slams, des soirées lectures et un apéritif-cabaret. Une salle d’exposition accueille majoritairement les photographies ou les peintures d’artistes queers. Les soirées y sont souvent extravagantes, libérées, comme la ville où les deux Françaises ont élu domicile.
Séverine Lenglet (www.lepetitjournal.com/berlin.html) mercredi 1er juillet 2009