Avec la victoire surprise des Bleus à Dunedin face aux All Blacks samedi dernier, la tournée dans l’hémisphère Sud est lancée sur les chapeaux de roue. Le pire était pourtant à craindre. Explications

Les Bleus ont créé un exploit renversant de l’autre côté du globe (photo AFP)
Etonnants Français…Au sortir d’un Tournoi des VI Nations plutôt moyen, voilà que les Bleus sont allés s’imposer sans discussion aucune face aux All Blacks, qui plus est sur la terre sacrée du rugby. Une victoire on ne peut plus logique et qui n’est pas sans rappeler celle remportée il y a deux ans en quarts de finale de coupe du monde face à ces même All Blacks à Cardiff (20-18). Enormes en défense (152 plaquages !), forts en conquête, opportunistes (trois essais inscrits), les Bleus version Dusautoir ont remporté là la quatrième victoire de l’histoire dans ce pays, après celle de 1979 et le doublé de 1994.
Comment expliquer pareille rédemption ? Certes, la Nouvelle-Zélande était privée de ses deux moteurs, l’ouvreur Dan Carter et le troisième ligne et capitaine, Richie Mc Caw. Mais le réservoir de joueurs de niveau mondial au pays du Long nuage blanc est tel que cela ne suffit pas. Et la France a aussi eu son lot de défections, avec Nallet, Harinordoquy, Parra, Bonnaire, Rougerie…
Les meilleurs sont là
Ces dernières années, les Bleus se rendaient dans le Sud en fin de saison avec des sélections de carton pâte. D’où ces raclées mémorables ramenées du bout du monde et les cris d’orfraie poussés par les pays hôtes déplorant ce manque de respect de la part des Bleus. L’an passé par exemple, la tournée s’est faite sans les finalistes ni les demi-finalistes, la saison régulière en France étant à rallonge alors que les programmes des tournées sont établis plusieurs années auparavant.
Cette fois, rien de cela. La France avait donné son accord pour emmener ses meilleurs joueurs. Et surtout, Toulouse, grand pourvoyeur des Bleus, a été sorti dès la demi-finale par Clermont. Les Médard, Heymans, Clerc, Dusautoir, Millo-Chulsky et autre Servat sont ainsi du voyage. Quant aux finalistes clermontois et Catalans, ils ont sauté dans l’avion dès dimanche dernier les sunlights du Stade de France à peine éteints…
Une revanche, puis les Wallabies
Pour ne pas tuer ses tests de l’été qui partaient en quenouille, les accords de Wokin signés l’an passé vont désormais obliger les grands championnats à se terminer avant la fin mai. Ainsi, pour 2010, la finale de la coupe d’Europe puis celle du Top 14 auront lieu les 22 et 29 mai. De quoi ensuite partir en tournée avec toute son armada.
Bien équipée et auteur d’un premier exploit, la France va donc pouvoir aborder sereinement son deuxième test samedi à Wellington contre ces mêmes Blacks qui promettent une revanche. Ensuite, il faudra aller défier l’Australie le 27 juin. Mais quoi qu’il arrive, cette cuvée 2009 est déjà un succès. Une autre victoire en ferait un millésime exceptionnel alors qu’en Nouvelle-Zélande, on cherche toujours à comprendre pourquoi ces fichus Bleus arrivent à embrouiller les Blacks régulièrement…
Valéry Lefort (www.lepetitjournal.com) mercredi 17 juin 2009