Mardi, 14 Février 2012

(photo JB)

« Le taux de chômage en Turquie s'est élevé à 15,8% de la population active pour le trimestre (de février à avril 2009), soit une augmentation de 4,8 points par rapport à la même période de l’année dernière (11%) « a annoncé lundi l'Institut de la statistique (Tüik).

« Le nombre de chômeurs a augmenté de 862.000 personnes à 3,8 millions de sans-emplois sur cette même période «, ajoute l'Institut. Le Tüik a obtenu ces chiffres sur la base d'une enquête réalisée auprès de quelque 92.000 personnes

Une augmentation du chômage récente, mais fulgurante.

D’après les chiffres de l’OCDE, le taux de chômage en Turquie a commencé à croître sérieusement depuis le dernier trimestre 2008. Les deux années précédentes, le chômage était resté assez stable, évalué à 8,4% en 2006 et 8,6% en 2007. En 2008, il a connu une première hausse significative de 1 point, pour s’élever sur l’ensemble de l’année à un taux moyen de 9,4%.

Comme dans l’ensemble des pays de l’OCDE, la Turquie a subi fortement les conséquences de la crise financière mondiale du dernier trimestre 2008. Le taux de chômage a ainsi dépassé la barre des 10 % sur le quatrième trimestre 2008, pour connaître une hausse vertigineuse à 15,8% de la population active sur le premier trimestre 2009. Depuis le début de l’année, des centaines de milliers de personnes ont été victimes de licenciements ou de chômage partiel à travers le pays.

L’automobile et le textile, les deux piliers de l'économie, sont les secteurs les plus touchés

Le secteur du textile emploierait 10 % de la population active turque, c’est dire si l’impact est important au niveau de l’emploi national. Ce secteur est frappé de plein fouet par la concurrence de la Chine, en particulier depuis la levée par l’Union Européenne en 2005 des quotas d’importation sur les textiles chinois. Si les salaires turcs sont ridiculement bas par rapport à leurs homologues ouest-européens, ils sont bien supérieurs aux rémunérations des ouvriers chinois. Un ouvrier de l’industrie textile turque gagne environ 350 euros par mois.

Quant à l’industrie automobile, elle emploie 500.000 personnes chez 18 constructeurs et une foule d’équipementiers et est devenue ainsi le premier poste d’exportation devant le textile. Selon les derniers chiffres communiqués mi-mars avec les statistiques officielles du chômage, la production automobile serait en chute de 60% par rapport à 2008 (le premier semestre 2008 avait certes été marqué par une hausse de 39%). La crise du secteur touche donc aussi durement le pays. A Bursa, considérée comme la ville de l’industrie automobile, plus de 5.000 emplois ont été supprimés en février 2009.

Des chiffres à manipuler avec précaution

Selon les experts, les chiffres du Tüik ne reflètent qu'imparfaitement la situation de l'emploi, notamment en ce qui concerne la prise en compte du travail au noir ou du chômage caché. En tenant compte du chômage caché, « le taux chômage turc serait sans doute plus proche de 20% « affirment certains experts.
Seul point positif, la flexibilité de l’emploi est très forte en Turquie, on peut retrouver un emploi aussi rapidement qu’on l’a perdu. Les chiffres du chômage peuvent donc évoluer très vite. A suivre...

Marie-Eve Richet (www.lepetitjournal.com). Mardi 16 Juin 2009.