Mardi, 14 Février 2012

John Lipsky, directeur général adjoint du FMI, est arrivé hier à Ankara pour une visite de quelques jours consacrée à la poursuite des négociations sur un éventuel prêt à la Turquie ainsi qu’à la préparation de la conférence annuelle du FMI qui se tiendra les 6 et 7 octobre prochains à Istanbul. L’occasion pour quelques polémiques de faire leur apparition


Ce fameux prêt du FMI dont il est question depuis plusieurs mois commence à ressembler à l’arlésienne. Les premières évocations datent de 2008, quand le précédent prêt de 10 milliards de dollars est arrivé à échéance en mai dernier. Des premières négociations avaient alors été entamées avec des avancées sérieuses fin janvier 2009. 

Les élections municipales de mars dernier de même que certaines conditions jugées inacceptables par le gouvernement turc ont ensuite ralenti le processus. Beaucoup s’attendaient cependant à ce que dès les élections passées, les choses soient menées grand train en la matière afin de finaliser un prêt dont le montant estimé par les uns ou les autres (sans déclaration officielle cependant) avoisinerait 45 milliards de dollars. Peine perdue. Bien au contraire, certaines déclarations ont stipulé que la situation financière du pays s’améliorant, le besoin d’une aide extérieure se fait de moins en moins pressant.

Une annonce à l'occasion de la conférence internationale du FMI à Istanbul en octobre prochain?
Mercredi dernier, la Banque Centrale de Turquie a publié les derniers chiffres en matière de balance des paiements. Le déficit s’est considérablement réduit depuis huit mois consécutifs. Il s’élève aujourd’hui à 1,2 milliard de dollars contre 5,2 milliards de dollars en avril 2008. Cette amélioration est essentiellement due à la diminution des importations dans un contexte de crise aigüe. Durmus Yilmaz, directeur de la Banque Centrale a déclaré la semaine dernière que face à cette forte réduction du déficit, le besoin du pays pour un financement extérieur devient de moins en moins évident.

Ce n’est pas du tout l’avis de plusieurs économistes du secteur bancaire privé. Au contraire, ils estiment que dès que la croissance repartira, le déficit augmentera. Par conséquent un aide substantielle du FMI permettrait de soutenir cette reprise en 2010 et 2011. D’autant que les investissements étrangers en Turquie sont en forte diminution (- 45 % sur les quatre premiers mois de l’année par rapport à la même période de l’année dernière). Sans cet apport d’argent frais, l’économie turque pourrait avoir des difficultés à retrouver rapidement un bon rythme de croissance.

Mais, comme le souligne la Deutsche Bank, "persuader le gouvernement de l’intérêt pour la Turquie de bénéficier d’un prêt du FMI risque d’être un énorme challenge"(source Hurriyet, Reuters).

Brigitte di Benedetto (/Istanbulwww.lepetitjournal.com) mardi 16 juin 2009.