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Savez-vous qu’en 2048 l’homme pêchera son dernier poisson ? Difficile à croire ! C’est pourtant le message de l’association Bloom qui, à l’occasion de la Journée Mondiale des Océans, tire la sonnette d’alarme. Hong Kong devrait en tirer des leçons
Difficile à Hong Kong de ne pas consommer de poisson. Les produits de la mer sont la base de l’alimentation locale. Le Hongkongais consomme 58 kg de poissons et fruits de mer par an alors que le Français en consomme 34kg. Seulement, le Hongkongais ne sait sans doute pas que 90 % de ce qui arrive dans son assiette est importé. Et pourtant, la mer, Hong Kong n’en est pas dépourvue ! Le problème, c’est qu’elle est vide, ou mieux, que le poids moyen de ce qui s’y pêche est de 10 grammes. Déclaration de guerre à la mer C’est donc à Hong Kong que l’association Bloom agissant pour la protection des océans et de la vie aquatique, a décidé de donner l’alerte. Si les techniques de pêche n’évoluent pas, en 2025, nous ramasserons le dernier poisson d’eau profonde et en 2048, le tout dernier poisson des océans. Claire Nouvian, conservatrice des fonds marins et créatrice de l’association Bloom n’y va pas par quatre chemins : «On a déclaré la guerre à la mer, en croyant que l’on ne pouvait pas tout lui voler tant elle est vaste. Or l’homme a tout pêché». En 1950, 20 millions de tonnes de poissons sortaient des eaux. Aujourd’hui, ce sont 80 millions de tonnes toutes espèces confondues, qui sont arrachées aux fonds marins. C’est là que le bât blesse. Les techniques de pêches utilisées de nos jours massacrent irrémédiablement les océans. 4 millions de bateaux, toutes embarcations confondues volent à la mer ses ressources. Or, les techniques de pêche se sont adaptées aux carences des océans. Il n’y a plus de poissons au large des côtes ? Qu’à cela ne tienne, les chalutiers équipés de satellites et autres sonars sont aujourd’hui capables de pêcher partout et de plus en plus profond. A 2000 mètres de profondeur, les filets posés par les chalutiers ramassent tout sur leur passage. C’est ce que l’on retrouve sur les étalages des marchés hongkongais. Mais aux poissons ramassés dans les filets, il faut également ajouter toute la flore sous-marine et malheureusement des kilos de coraux arrachés et détruits à jamais. Un corail vit entre 5.000 et 10.000 ans, l’homme détruit ainsi l'écosystème et l’héritage de l’humanité. Aussi grave, un dixième des prises mondiales d’anchois, de sardines et de harengs sont transformés en farines animales pour nourrir les poissons de l’aquaculture, mais encore, aussi étonnant que cela puisse paraître, les cochons ! Pour produire 1 kg de chair de poisson de prédateur (comme le saumon), il faut 4 kg de poissons sauvages transformés en farines animales.
Quelles solutions ? L’association Bloom, désormais installée à Hong Kong où elle considère que la situation est plus critique qu’ailleurs, milite pour une prise de conscience rapide. «Tout le monde pense que la solution va venir d’elle-même. C’est faux. Il faut réagir très vite», explique Claire Nouvian. Car à la destruction des ressources maritimes, il faut ajouter la pollution massive des mers, l’augmentation des déchets sur les plages, le massacre de requins pour le bonheur des amateurs de soupes d’ailerons… Claire Nouvian n’a pas la solution miracle. Parmi les pistes de réflexion, elle préconise de modifier les techniques de pêche, de priver les gros chalutiers de leurs subsides, de réduire la consommation individuelle et de multiplier les zones maritimes protégées (Marine Protected Area, MPA). «L’objectif de la Convention des Nations Unies sur la diversité biologique est qu’en 2012, 10 % des océans soient des zones protégées où la pêche est interdite». Aujourd’hui, 12 % de la terre est protégée pour moins d'1 % de la mer. A Hong Kong, 40 % du territoire est zone protégée, contre 1 % de son territoire maritime.
Vanessa Avrillon (www.lepetitjournal.com/hongkong/html), mardi 16 juin 2009 Pour en savoir plus et soutenir les futurs projets de BLOOM à Hong Kong, visitez le site www.bloomassociation.org Photos tirées du livre de Claire Nouvian, "The Deep. The extraordinary creatures of the abyss", imprimé à plus de 136 000 exemplaires.
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