Écrit par Sébastien Vannier
Le Parti Socialiste français et le Parti social-démocrate allemand ont subi tout deux une défaite indéniable lors du scrutin européen de dimanche dernier. A quel point peut-on comparer la situation dans les deux pays ?
Contrairement aux Verts allemands, le SPD n'a pas su rebondir (photo. S. Vannier)(Berlin) - Si les différentes campagnes pour les élections européennes restent encore dominées par des thématiques nationales, il est intéressant d’observer les similitudes dans les résultats en France et en Allemagne. Des deux côtés du Rhin, la droite a terminé en tête loin devant les socialistes en déroute et les Verts obtenant un bon score.
Défaite déjà oubliée au SPD ?Les deux scores des partis socialistes, auxquels s’ajoutent également la lourde défaite des travaillistes du Labour de Gordon Brown en Grande-Bretagne, se jouent cependant dans deux contextes différents. En Allemagne, le SPD avait déjà réalisé un très mauvais score en 2004 alors que le gouvernement rot-grün du chancelier Gerhard Schröder était extrêmement impopulaire à cause des réformes en cours dont la fameuse Hartz IV. Le problème vient donc du fait que la SPD n’a pas su rebondir et, pire, elle descend encore d’un cran (20,8 contre 21,5%). Ce score n’augure rien de bon pour les socialistes en vue des élections parlementaires de septembre. Il semble pourtant que la SPD veuille maintenir le cap et continue à miser sur l’actuel ministre des affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier dans la course à la chancellerie.
Lourde chute pour le PSLes socialistes français, en revanche, avaient réalisé un très bon score en 2004. Ce qui rend la chute (de 28,9% à 16,5%) encore plus douloureuse. Le PS doit également diviser son nombre de représentants au Parlement européen par deux, alors que le SPD conserve son nombre de sièges. Les socialistes n’ont même pas été loin de perdre la deuxième place au profit d’Europe Écologie, menée par Daniel Cohn-Bendit, qui a crée la surprise de ce scrutin français. Le test est donc loin d’être réussi pour la nouvelle secrétaire générale du parti, Martine Aubry, qui appelle désormais à un changement dans la direction et dans la dynamique du parti même si les échéances électorales sont moins urgentes qu’en Allemagne.
"Montrer plus de solidarité"Matthieu Rigal, tout nouveau secrétaire de la section de Berlin du PS reconnaît que le
"résultat est très mauvais. Mais on peut essayer d’avancer plusieurs explications. Le PS n’a d’abord pas réussi à mobiliser son électorat et l’abstention des jeunes l’a beaucoup touché. Il y aura sans doute mieux à faire pour le PS. Celui-ci a fait le pari de miser sur l’Europe sociale qui est peut-être un thème moins porteur que l’environnement. Maintenant, il y a une véritable volonté de changement au sein du parti qui devra réviser ses pratiques internes, notamment en montrant plus de solidarité et en ouvrant le dialogue avec le groupe de Daniel Cohn-Bendit". Pas sûr que l’ambiance soit à la fête lors des retrouvailles du groupe du pari socialiste européen lors de la prochaine session du Parlement à Bruxelles.
Sébastien VANNIER (www.lepetitjournal.com/berlin.html) lundi 15 juin 2009