Mardi, 14 Février 2012

Le samedi 12 juin 2009 a marqué la fermeture temporaire du projet « la Vallée des éléphants », qui rouvrira ses portes au public en octobre prochain. Niché aux creux des collines boisées de la province du Mondulkiri, l’unique sanctuaire pour éléphants au Cambodge rencontre un franc succès depuis son ouverture en 2007.

L’Organisation Non Gouvernementale ELIE (Elephant.Livelihood.Initiative.Environment) a initié le projet « la Vallée des éléphants » en 2006, afin de prendre soin, de réhabiliter et de soigner les éléphants domestiques dans le besoin, tout en proposant des emplois pérennes aux villageois. Sa grande vallée recouverte de jungle « est le seul endroit au Cambodge ou les éléphants domestiqués ont l’occasion de retrouver leur habitat naturel et de fuir l’activité humaine. Cela tout en permettant encore à leurs propriétaires de prendre soin d’eux et de bénéficier de leur source de revenus », nous explique le fondateur du projet, Mr Jack Highwood un jeune entrepreneur anglais.

(Crédit photo-L-M pour LPJ Cambodge)
Histoires d’éléphants

Au Cambodge, la situation est telle, qu’aucune distinction n’est faite entre les éléphants domestiques et sauvages aussi bien par la population que par le Gouvernement. De ce fait, trop peu d’actions sont entreprises pour améliorer leur protection et préservation. Ainsi, on peut facilement constater une grande différence entre la Loi, son application, les actions et la réalité. Par exemple, Le Gouvernement du Cambodge estime que tous les éléphants domestiques sont sa propriété. Alors que, de façon ancestrale, les Bunong (populations locales majoritaires dans la province de Mondulkiri) se considèrent comme uniques propriétaire des éléphants.

La guerre du Vietnam, la période Khmer Rouge et la guerre civile ont également été fatales pour les éléphants. De nombreux éléphants cambodgiens ont fuit au Laos, au Vietnam et en Thaïlande où ils ont été pris pour cible par quiconque possédait une arme à feu.

De nos jours, les jeunes femelles sont vendues à l’étranger (Laos, Vietnam etc.) tandis que les mâles son gardés, majoritairement pour leur ivoire (revendue par la suite aux pays voisins et la Chine). Ils sont par ailleurs encore utilisés pour le gros œuvre, l’abattage des arbres, la chasse mais aussi pour des activités touristiques non appropriées. De plus, beaucoup de Khmers sont prêts à manger de la viande d’éléphant : en temps de conflit, ils deviennent une source inestimable de nourriture plutôt qu’une espèce à protéger.

La déforestation massive représente un réel danger pour l’habitat naturel des éléphants sauvages alors que, en parallèle, le développement économique, récent et rapide au Mondulkiri, met également les éléphants domestiques sous pression. Comme dans de nombreux pays d’Asie du Sud-Est, il fut un temps ou l’éléphant était la principale « Main d’œuvre » pour l’Homme, mais les machines et même les buffles les remplacent désormais largement. Pour toutes ces raisons, il est évident qu’aujourd’hui la population d’éléphants domestiques au Cambodge est dangereusement en baisse.

(Credit Photo Jack Highwood
Les vastes chambres sont construites sur le modele des maisons traditionnelles Bunong)

La vallée des éléphants : Un projet unique
Des 60 éléphants domestiques que compte le Mondulkiri, 5 sont aujourd’hui « résidents » à la « Vallée des éléphants ». En parallèle, des visites vétérinaires sont menées dans tous les villages de la province afin de suivre et détecter les éléphants en souffrance (maltraitance, blessures, pathologies, etc.). Le projet peut ainsi accueillir 2 ou 3 éléphants à la fois pour de courtes visites lors desquelles ils seront examinés médicalement, employés pour divers travaux ou pourront profiter d’une cure de repos et de récupération.

ELIE est la seule structure locale à gérer la situation désastreuse des éléphants domestiques sans les placer dans un zoo ou un enclos. La pratique, le savoir-faire, la philosophie ainsi que le vaste espace offert par ELIE dans la Vallée des éléphants pourraient être le nouveau chemin à emprunter dans le domaine de la protection et la conservation des éléphants.
Profondément ancré dans les traditions Bunong, l’éléphant n’est pas un animal « normal », il est sacré, hautement spirituel et illustre le lien permanent que les populations des Hauts-Plateaux entretiennent avec la Nature et ses divers habitants.
La vallée rouvre à nouveau ses portes en Octobre et vous accueillera avec plaisir. Au delà d’offrir un soutien économique et moral précieux, vous pouvez passer une journée au sein du site éco-touristique, flâner dans la jungle et vous relaxer en observant une nature encore luxuriante mais en danger. Cette expérience unique ainsi qu’une Guest-House de très bon standing vous offre une parfaite excuse pour vous évader de Phnom Penh …Go Wild!!

LM (LePetitJournal.com Cambodge) lundi 15 juin 2009

www.elie-cambodia.org