Contrairement à la plupart de leurs voisins européens, les Grecs ont plébiscité le parti socialiste de leur pays, le PASOK, qui obtient 36,65% des voix. Sanctionnant au passage la Nouvelle Démocratie (32,29%), parti conservateur au pouvoir depuis 2004 et englué dans les scandales, cette élection est marquée par un taux d'abstention record
(Photo LPJ)
Après une bataille médiatique de plusieurs semaines entre les deux principaux partis du pays, le PASOK a finalement remporté les élections européennes, dimanche 7 juin, devançant la ND de plus de 4 points. Viennent ensuite le KKE, parti communiste grec avec 8,35%, le LAOS avec 7,15%, la SYRIZA avec 4,70% et les Ecologistes-Verts avec 3,49% des voix.
Vote sanction et abstention
Dans un pays où le vote est obligatoire, le taux d'abstention de cette journée du 7 juin a battu tous les records. Pratiquement un Grec sur 2 a boudé les urnes, soit 47,37% des électeurs. Une faible participation qui s'explique par un désintérêt du sujet européen, mais aussi comme une sanction contre un gouvernement en proie à des scandales à répétition et contre la monopolisation du dialogue par les deux grandes familles politiques.
Georges Papandréou, dont le parti a présenté, dès le début de la campagne, ce vote comme un test pour la politique de la Nouvelle Démocratie, a profité de sa “grande victoire” pour réclamer, à nouveau, la tenue d'élections nationales anticipées. “Il est temps de tourner la page" a t-il annoncé.
La Nouvelle Démocratie, qui essuie sa première défaite électorale depuis son accession au pouvoir en 2004, explique ce revers par l'abstention de ses propres électeurs. « Ceux-ci n'ont cependant pas quitté le parti » rassure le ministre de l'Intérieur Procopis Pavlopoulos et il reste donc au gouvernement « à travailler plus vite et mieux » pour regagner leur sympathie.
Costas Caramanlis a, quant à lui, exprimé sa détermination à conduire son pays dans la voie de la responsabilité, faisant référence aux mesures d'austérité prises pour faire face à la crise économique qui touche durement la Grèce.
22 euro-députés grecs
Les parlementaires européens qui représenteront la Grèce pour un mandat de cinq ans au Parlement Européens sont donc : Georges Papaconstantinou, Sylvana Rapti, Stavros Lambrinidis, Chryssoula Saatsoglou-Paliadeli, Georges Stavrakakis, Marilena Koppa, Anny Podimata, Kriton Arsénis pour le PASOK, Marietta Giannakou, Rodi Kratsa, Georges Papastamcos, Costas Poupakis, Théodore Skylakakis, Georges Koumoutsakos, Georges Papanicolaou, Yannis Tsoucalas pour la ND, ainsi que Thanassis Pafilis, Georges Toussas (KKE), Niki Tzavela, Thanassis Plevris (LAOS), Nicos Hountis (SYRIZA) et Michalis Tremopoulos (Ecologistes-Verts).
Les socialistes et les conservateurs envoient donc un même nombre de députés au Parlement, 8 chacun. Précédemment siégeaient 11 euro-députés conservateurs et 8 socialistes.
Delphine Millet Prifti (www.lepetitjournal.com/athenes.htm) mardi 9 juin 2009