Perpignan a dominé Clermont en finale du Top 14 (22-13) samedi soir au Stade de France. Les Catalans dominateurs s’emparent du Bouclier de Brennus qui les fuyait depuis 1955. Les Auvergnats n’en ont toujours gagné aucun au soir de leur dixième finale
Photo AFP / Les rugbymen de Perpignan avec le bouclier de Brennus dans les rues de leur ville, le 7 juin 2009
Si le peintre Dali n’a pas hésité à décrire, jadis, la gare de Perpignan comme le centre du monde, les Catalans de France et d’Espagne se drapent aujourd’hui dans la fierté de leur drapeau sang et or. L’USAP a conquis samedi son septième titre de champion de France de rugby, quelques semaines après le triplé historique du FC Barcelone en football (championnat, coupe du Roi, Ligue des champions).
Menés rapidement au score à la suite d’un essai du bouillant Nalaga, les joueurs de Jacques Brunel, l’ancien entraîneur-adjoint de Laporte chez les Bleus, ont fait preuve d’un sang-froid et d’une gestion du jeu supérieure aux Auvergnats, en seconde période. Commettant un minimum de fautes, Perpignan n’a pas laissé la botte redoutable de Brock James s’exprimer face aux perches.
L’USAP, première du Top 14, à l’issue de la saison régulière a confirmé sur la belle pelouse du stade de France sa suprématie nationale. En 34 matchs cette saison, toutes compétitions confondues, les Catalans ont rempli une joli carte de 27 victoires pour 1 nul et 7 défaites. Tout ne fut pourtant pas rose dans le parcours du sacre des Perpigananais. Privé de son ouvreur international néo-zélandais, Dan Carter, fin janvier, à la suite d’une rupture du tendon d’Achille, le club du président Paul Goze (battu comme joueur en finale avec l’USAP contre Béziers en 1977) a déployé un trésor de ressources mentales et physiques insoupçonnées.
Clermont flanche encore ! Jérôme Porical s’est révélé à l’arrière et son jeu au pied fut tout simplement parfait en finale avec un 5 sur 5. Mais l’USAP, que son ailier Julien Candelon décrit comme une vrai bande de copains de rugby, c’est aussi une paire de centres de premier plan, avec les deux internationaux David Marty, auteur de l’essai de la reconquête contre Clermont et Maxime Mermoz, vecteur d’ingéniosité sur un terrain. Forts en mêlée, redoutables dans le combat de près, les “Arlequins” de Perpigan, dont la moitié de l’effectif se compose de joueurs du cru, ont exprimé une audace dans le jeu supérieure à leurs adversaires. La triste série continue pour les joueurs de Vern Cotter.
La troisième finale clermontoise de suite s’est soldée par un nouvel échec, portant son triste record à dix défaites sur la dernière marche. Pierre Mignoni et Aurélien Rougerie ont du reste assumé avec beaucoup de dignité le nouvel échec à l’issue de la rencontre. Gary Lineker, le grand attaquant de l’équipe d’Angleterre de football dans les années 80 est l’auteur d’une maxime “cantonesque” : “Le foot se joue à onze contre onze et, à la fin, c’est toujours l’Allemagne qui gagne.” Sans être cruel avec les Auvergnats, on pourrait rétorquer qu’une finale du Top 14 se joue toujours avec Clermont et, qu’à la fin, c’est aussi son adversaire qui gagne !
Arnaud Brély . (www.lepetitjournal.com) 8 juin 2009
Finale du Top 14. Perpignan-Clermont : 22 -13 (6-10 à la mi-temps). Stade de France. Bonne pelouse.79 205 spectateurs. Arb : M.Matheu. Perpignan : 1 essai : Marty (45è). 1 drop Hume (15è). 4 tirs au but (40è, 50è,62è,64è), 1 transformation Porical. Clermont : 1 essai : Nalaga (10è), 2 tirs au but (20è, 55è), 1 transformation, James. Perpignan : Porical, Candelon, Mermoz, Marty, Sid – Durand (m), Hume (o) – Le Corvec, Chouly, Perez – Alvarez-Keirelis, Olibeau –Fgreshwater, Tincu, Mas (cap). Entr : J.Brunel Clermont : Floch – Baby, Rougerie (Cap), Canale, Nalaga – Mignoni (m), James (o) –Audebert, Bonnaire, Cudmore –Privat, Pierre- Scelzo, M.Ledesma, Domingo. Entr : V.Cotter |