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Barack Obama a peut-être délivré au Caire l'un de ses discours les plus attendus. Le président américain, qui s'adressait aux 1,5 milliard de musulmans, veut renouer les liens historiques qui unissent l'Islam aux Etats-Unis et a appelé à une fin pacifique au conflit sur la bande de Gaza pour que cessent enfin les souffrances des deux peuples Des palestiniens écoutent le discours du président américain Barack Obama prononcé au Caire le 4 juin 2009 (AFP)
(Rédaction Internationale) - Annoncé des semaines à l'avance comme une intervention "historique", le discours d'une cinquantaine de minutes du président américain à l'université du Caire représente un véritable tournant dans la diplomatie américaine. Barack Obama a en effet déclaré vouloir un "nouveau départ entre les musulmans et les Etats-Unis", en insistant sur le fait que le "cycle de la méfiance et de la discorde devait s'achever".
La place importante de l'Islam aux USA S'il reconnaît le traumatisme du 11 septembre et la nécessaire lutte contre les mouvements terroristes, Barack Obama veut que cesse l'amalgame entre Islam et islamisme. "Je considère qu’il est de ma responsabilité […] de combattre les stéréotypes négatifs sur l’islam […]. Je suis venu chercher au Caire un nouveau départ entre les Etats-Unis et les musulmans à travers le monde […] un départ fondé sur cette vérité que l’Amérique et l’islam ne s’excluent pas, et n’ont pas besoin d’être en concurrence." a-t-il déclaré. Pour preuve de ce lien entre la religion musulmane et la contrée de l'oncle Sam, le 44e président américain a rappelé que le Maroc était "la première nation à reconnaître [son] pays" et que de nombreux musulmans ont "contribué à sa grandeur", à l'instar du premier élu musulman au Congrès, le démocrate Keith Ellison, qui a prêté serment en 2007 sur un exemplaire du Coran, qui appartenait à Thomas Jefferson, l’un des pères fondateurs. Il a également souligné que "l'Islam est une religion de tolérance" et que les autorités américaines sont les gardiens de sa libre pratique en se positionnant notamment contre l'interdiction du port du voile islamique Le conflit israélo-palestinien Mais c'est sur la question du conflit israélo-palestinien que le président américain était le plus attendu et le moins que l'on puisse dire c'est que Barack Obama n'a pas usé de l'habituelle langue de bois politicienne. Le président s'est en effet montré intransigeant en souhaitant la création d'un Etat palestinien et la fin de la colonisation israélienne. Deux points dont le Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou ne veut pas entendre parler. Barack Obama a rappelé les "liens indestructibles" qui lient les Etats-Unis à Israël et la souffrance subie par le peuple juif lors de l'holocauste dont la négation "est une attitude de haine qui ne fait pas avancer la cause de la paix". Mais il a également évoqué "la situation intolérable" des Palestiniens et a mis sur un pied d'égalité les Israéliens et les Palestiniens, "deux peuples avec des aspirations légitimes, chacun avec une histoire douloureuse". Il a exhorté les deux camps à sortir du conflit par des biais pacifiques et non-violents, condamnant ainsi les méthodes du Hamas, et est même allé jusqu'à comparer la situation des Palestiniens à celle des Afro-américains aux Etats-Unis. "Pendant des siècles, les noirs américains ont souffert sous le fouet de l'esclavage et dans l'humiliation de la ségrégation, mais ce n'est pas par la violence qu'ils ont conquis leurs droits civiques, c'est par des moyens pacifiques" a déclaré Barack Obama. Les réactions internationales Applaudi 38 fois lors de son intervention, le discours du président Obama a également été salué par la majorité des chefs d'Etat étrangers, pays musulmans en tête. "C'est un discours clair et franc. Il constitue un pas politique innovateur et un bon début sur lequel il faudra bâtir", a déclaré Nabil Abou Roudeina, porte-parole du président palestinien Mahmoud Abbas. Le président turc Abdullah Gül a qualifié ce discours de "sincère, honnête et réaliste". Le Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, s'est réjoui d'"un changement tangible" dans la politique du président américain, mais n'a pas apprécié que Barack Obama n'ait "pas appelé au respect de la légitimité du Hamas qui a été démocratiquement élu". Les autorités israéliennes ont réagi positivement au discours du Caire en espérant que celui-ci "conduira de facto à une nouvelle réconciliation entre le monde arabo-musulman et Israël". Mais l'Etat hébreu a cependant prévenu que "sa sécurité" resterait sa priorité. Le ministre des Sciences israélien, Daniel Herschkowitz reprend, quant à lui, le ton franc de Barack Obama, en demandant aux "Américains de ne pas dépasser les bornes". Si ce discours permet d'ouvrir un nouveau chapitre dans les relations entre les Etats-Unis et le monde musulman, les bonnes volontés et surtout les actions des uns et des autres durant les prochains mois sont les seules qui permettront d'aller vers un "happy end". Damien Bouhours (www.lepetitjournal.com) vendredi 5 juin 2009 En savoir plus Article de l'Express, Obama: le "cycle de la méfiance" avec les musulmans doit s'achever Article de Libération, Obama propose un «nouveau départ» aux musulmans Article de l'Express, Les réactions internationales au discours d'Obama
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