Mardi, 14 Février 2012
Clermont court après un titre depuis un siècle, Perpignan depuis 54 ans. Le tout devant un public de rêve. Le vainqueur mettra un terme à l’hégémonie de la bande des trois
 
(photo AFP) Pour la première fois depuis 1993, le champion de France de rugby ne sera pas issu du trio Toulouse (sept titres) -Paris (cinq) -Biarritz (trois). C’est donc une page que le rugby français s’apprête à tourner demain soir au Stade de France pour la plus colorée des finales qui soit entre Perpignan et Clermont.

Car une chose est sûre, la bataille des tribunes s’annonce somptueuse entre les deux publics les plus fervents et les plus colorés de France, avec celui de Bayonne. Une finale qui ne doit rien à personne, tant Auvergnats et Catalans ont dominé les débats en demi-finales, donnant même un coup de vieux aux habituels ténors toulousains et parisiens.
Clermont est incontestablement le favori de cette édition 2009. Non seulement parce que l’ASM a bouté le champion en titre sans ménagement (19-9) mais surtout parce que Clermont atteint la finale pour la troisième année consécutive. Un parcours rare dans le rugby moderne. Mais plus que cela, c’est le niveau de jeu et la capacité des partenaires de Rougerie à s’adapter à l’adversaire qui interpelle. Mais reste une inconnue de taille : Clermont a perdu ses neuf finales !

Alors, dix de chute ou dix de der ?  
L’USAP, elle, rêve du Brennus depuis 1955. Elle a prouvé contre Paris, qu’elle faisait un challenger de grande valeur. Sous la férule de Jacques Brunel, l’ancien adjoint de Laporte, l’USAP s’est globalement achetée une conduite même si les quinze pénalités concédées contre le Stade Français seraient rédhibitoires face à la botte de Brock James, l’artificier numéro un du Top 14.
Même privé de son joyau, Daniel Carter (blessé), Perpignan s’est forgé au fil des mois un collectif qui n’a peur de rien. Clermont semble un petit cran au-dessus, mais cela ne lui garantit en rien de pourvoir déposer ce bouclier de Brennus au pied de celui de Vercingétorix sur la place de Jaude. Une chose est sûre, entre deux camps déçus depuis trop longtemps, le Brennus sera accueilli par des dizaines de milliers de supporters en liesse.
Valéry Lefort (www.lepetitjournal.com) vendredi 5 juin 2009