Clermont-Perpigan sera l’affiche inédite de la finale du Top14 samedi au Stade de France. Si le succès des Auvergnats et des Catalans est incontestable, les demi-finales auront confirmé le recul dans le jeu du Stade Toulousain et du Stade Français
L’attrait de la nouveauté s’imposera samedi soir au Stade de France. Que ce soit le capitaine clermontois, Aurélien Rougerie, ou celui de l’USAP, Nicolas Mas, qui soulève en premier le Bouclier de Brennus, ce geste auguste aura quelque chose d’un précédent : Clermont court après un premier titre de champion de France, alors qu’il s’apprête à disputer une dixième finale, dont sa troisième consécutive;le dernier sacre des Sang et Or remonte au siècle dernier en 1955 !
Bien organisés autour du jeu solide de leur ouvreur australien Brock James, les Clermontois ont toujours été devant au score, face aux Toulousains, sur la pelouse du stade Chaban-Delmas à Bordeaux. La victoire des « Jaunards » (19-9) constitue une belle revanche sur les champions en titre, qui avaient ruiné une nouvelle fois les espoirs des Auvergnats en finale la saison passée. Les trois essais inscrits par les arrières perpignanais face au Stade Français récompensent l’équipe la plus entreprenante, même si les Parisiens galvanisés par l’entrée de Parisse, Roncero et Oelschig, ont effectué un joli rapproché au score, grâce à deux essais de Beauxis et de Parisse après le repos. Comme Clermont, la victoire des Arlequins de Perpignan (25-21) relève de la logique, tant les joueurs de Mckenzie et Dominici ont évolué dans l’à peu-près tout au long de la saison.
Elissalde et Beauxis en panne
Guy Novés, l’entraîneur du Stade Toulousain, n’a pas botté en touche au moment d’analyser la défaite : « Nous avons été trop moyens et trop fébriles. » La réussite de Jean-Baptiste Elissalde, avec seulement un 3 sur 6 aux tirs au but, l’atteste. Comble de l’inefficacité toulousaine, les partenaires de Fabien Pelous, qui a reçu le bel hommage de tout un stade pour son dernier match d’une longue et belle carrière, n’ont inscrit aucun essai, comme lors de quatre de leur six derniers matchs, toutes compétitions confondues. Curieux, quand on sait que Cédric Heymans n’était pas sur la feuille de match, mais que Fritz, Jauzion, Clerc et Médard figuraient sur le pré ! Les Toulousains ont difficilement géré la période qui a suivi leur élimination en quart de finale de la Coupe d’Europe à Cardiff, sur lequel ils misaient énormément. Qualifiés de longue date pour les demi-finales du Top 14, ils n’ont pas su se remobiliser à temps.
L’ombre du grand Hernandez
Chez les Stadistes de Paris, le mal est autre. Après un début de saison en fanfare (7 victoires de suite), les partenaires de Juan Martin Hernandez, décidément très en peine cette saison, ont accumulé les revers dans leur « salle des fêtes » du Stade de France (3 défaites et un nul). Le groupe a douté, et le Stade Français a perdu son ascendant en conquête, de même que l’approximation gagnait son jeu d’attaque. « Poussif, comme sur la saison régulière », ainsi Sylvain Marconnet résumait la partie des Parisiens à Lyon, à l’issue de la demi-finale. Beauxis auteur, lui aussi, d’un 3 sur 6 aux tirs au but, n’a pu comme dans un passé récent ,maintenir les siens en vie dans le match. Le Stade Français fait chou blanc pour la deuxième saison consécutive, en ne gagnant aucun trophée. Comme Toulouse, il a hâte de débuter la saison suivante pour chasser définitivement le blues ambiant.
Arnaud Brély . (www.lepetitjournal.com) mardi 2 juin 2009