Elections européennes. - Samedi 6 et dimanche 7 juin, les électeurs italiens devront choisir leurs 72 représentants au parlement européen. L’élection se déroulera selon le système proportionnel avec un seuil de barrage pour l’attribution des sièges fixé à 4 % au niveau national et la possibilité d’accorder des voix de préférence à des candidats. Certains hommes politiques, comme Silvio Berlusconi au sein de la majorité (Popolo della Libertà, le PDL) ou Antonio Di Pietro du parti Italia dei Valori (opposition), ont choisi de se présenter comme têtes de liste dans toutes les circonscriptions. Ces dernières sont au nombre de cinq : le Nord-Ouest (19 sièges), le Nord-est (13 sièges), le Centre (14 sièges), le Sud (18 sièges) et les Iles (8 sièges).
Elections administratives. – Administrativement, l’Italie est divisée en 20 Régions (cinq d’entre elles bénéficient d’un statut autonome), qui regroupent 110 Provinces et 8.101 Communes. Chaque Région possède son chef-lieu. Dernièrement, les hommes politiques semblaient d’accord sur la nécessité de supprimer les Provinces afin de réaliser des économies substantielles. Ce dessein semble mis de côté pour l’instant… Parallèlement aux élections européennes, 35 millions d’électeurs devront élire les représentants d'une soixantaine de Provinces et de 4.281 Communes (un deuxième tour est prévu le week-end du 20 juin). Parmi les provinces les plus importantes, notons celles de Milan, Turin, Bologne, Reggio-Emilia, Florence, Naples, Bari, Taranto… Parfois, comme à Florence ou à Bologne, les mêmes électeurs devront voter pour Province et Commune.
Les enjeux des deux scrutins. – Pendant la campagne électorale, de nombreux politiques ont souligné que le poids de l’Italie en Europe ne correspondait pas à l’importance que devrait avoir l’un des pays fondateurs de l’Union. Absences répétées des représentants, manque de propositions, initiatives trop rares… L’enjeu aurait donc pu être de taille. Or, comme dans de nombreux pays, il est resté essentiellement national : ces élections constituent un test politique qui permettra de mesurer l’avancée de la majorité et le recul annoncé des partis de centre-gauche. Pour les municipales, les yeux se tournent vers les villes de Florence et de Bologne, deux bastions de la gauche alors que, pour les provinciales, les observateurs s’intéressent à la Toscane, à la Lombardie et au Piémont. Cette dernière région en particulier est un fief aux mains de l’opposition au sein de la "Padania", cet ensemble géographique du nord de l’Italie traversé par le Pô, cher au cœur d’Umberto Bossi, entièrement administré par la majorité. Les élections permettront également, surtout au nord, d’assister à un subtil bras de fer au sein de la majorité au pouvoir, entre le PDL et la Ligue du Nord, en prévision des élections régionales de 2010. Les résultats donneront le ton à la lutte qui devrait très vite s’engager…
Prévisions. – Les résultats risquent d’être sans surprise. A la lumière du consensus croissant en faveur du président du Conseil Silvio Berlusconi et de son gouvernement, on prévoit une solide consolidation de la coalition au pouvoir (PDL et Lega) et une baisse conséquente du plus grand parti de l’opposition, le PD (Partito Democratico). En somme, plus le PDL approchera de la barre des 50 %, plus sa victoire sera éclatante (un chiffre dépassant 40 % est déjà quasiment certain, en hausse nette par rapport aux 37,4 % des élections législatives d’avril 2008 qui ont porté Silvio Berlusconi au pouvoir) et le seuil critique pour le PD est fixé à 26 % des suffrages (il était de 33,2 % en 2008). Un résultat inférieur serait considéré comme un échec cuisant… Enfin, les partis minoritaires en hausse devraient être celui d’Antonio Di Pietro, l’Italia dei Valori, autour de 7% (4,4 % l’année dernière) et la Lega Nord autour de 10 % (8,3 % en 2008) alors que l’UDC de Pierferdinando Casini devrait rester stable entre 5-6 %.
L’abstention. - C’est la grande inconnue de ce scrutin. De manière générale, en Italie comme dans de nombreux autres pays de l’UE, les élections européennes ne déclenchent pas l’enthousiasme des foules… L’électorat de gauche, souvent prêt à se mobiliser, semble cette fois découragé. D’autre part, les polémiques récentes liées aux déboires personnels et judiciaires de Silvio Berlusconi pourraient accentuer l'abstentionnisme. La semaine qui s’ouvre aujourd’hui sera donc décisive pour convaincre les indécis...
Christine Correale (www.lepetitjournal.com – Turin) lundi 1er juin 2009