Pour leur troisième édition, les Assises Internationales du Roman mettent Lyon en ébullition littéraire. Elles servent jusqu’à dimanche un plateau d’écrivains, de critiques, et d’éditeurs venus dialoguer du sens de leur travail avec des lecteurs éclairés. Passionnant et réconfortant !
Sous la verrière des Subsistances, les esprits se rencontrent (Photo © David Ignaszewski / Koboy)Tous ceux qui aiment lire doivent savoir qu’il n’existe aucun endroit au monde aussi riche que cette semaine à Lyon. Pour la 3e année,
Le Monde et la Villa Gillet organisent leurs
Assises Internationales du roman dont l’originalité tient au fait qu’elles rassemblent écrivains, éditeurs, journalistes, agents, libraires, bibliothécaires, lecteurs autour d’un seul but : parler livres. Pas nécessairement pour les vendre non, mais en discuter pour savoir quel sens ils font, d’où viennent les auteurs, comment se construit une pensée littéraire, comment elle se traduit, comment elle se publie, quels ponts font les œuvres entre elles, pourquoi l’Haïtien Dany Laferrière s’interroge sur le sens du nom de l’Américain Rick Moody…
Vaines à ceux qui n’ont jamais ouvert un bouquin, ces questions pourtant archi-indispensables aux autres, trouvent rarement l’espace-temps nécessaire pour s’y déployer dans leurs latitudes des plus graves aux plus légères. Ici oui -ce qui via les débats, tables rondes, lectures ou autres rencontres informelles forme un vaste et réjouissant ensemble.
Sous la verrière des Subsistances, dans les bibliothèques de quartier ou les librairies, jusqu’aux enceintes du nouveau palais de justice ou au Musée des beaux arts se presse une foule de lecteurs hétéroclites. On y croise aussi bien des collégiens emmenés par des profs mordus, que des mémés en fichu, ou des Anglais élégants.
Bousculer les frontières
Dans les files d’attente, les citations font légion, les conseils de lecture aussi. Tout le monde s’interpelle pour savoir comment était le Quignard qu’ils ont raté, ou combien Julia Leigh semble jeune pour écrire un
Ailleurs si noir, vous aviez lu Stewart O’ Nan avant, incroyable comment les intervenants sur le conte ont construit un moment d’intelligence pure…
A Lyon cette semaine, tout le monde parle romans d’un même élan, d’une même foi : quelle respiration ! Même Marion Mazauric, la fulgurante éditrice du
Diable Vauvert venue discuter de littérature britannique en convient :"j
’ai rarement rencontré une telle écoute, mais le plus fascinant c’est que le public en savait peut-être plus que moi, ce qui signifie qu’on partage au moins les mêmes repères…"
On sait depuis longtemps qu’il existe une grande famille du cinéma, on découvre avec les Assises qu’il en existe une aussi du roman. Ça fait un bien fou !
Betty Ruby. (www.lepetitjournal.com) jeudi 28 mai 2009Assises Internationales du Roman – Le roman : hors frontièresDu 25 au 31 mai
Aux Subsistances, 8 bis Quai St Vincent, 69001 Lyon
Voir le programme complet sur :
http://air.villagillet.net/