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Les caractéristiques migratoires des oiseaux du continent américain devraient le préserver de la propagation de la souche H5N1. Pendant qu’en France les ventes de volailles chutent, en Argentine les éleveurs jouissent d’un épanouissement du secteur
Deux playeros rojizos s’alimentent paisiblement (Photo: Andrew Easton, 2004)
Les Argentins n'ont pas grand chose à craindre de la grippe aviaire. Les risques que l'épizootie, qui sévit en Asie et frappe aux portes de l’Europe, se propage dans le pays sont très faibles. A l’inverse des continents africain, asiatique et européen, où les migrations d’oiseaux s’entrecroisent, les migrations du continent américain leur sont propres et en sens unique nord-sud-nord. De plus, dans le case de l’Argentine, c’est bientôt l’automne austral, saison à laquelle les oiseaux migrateurs quittent la région et se déplacent vers le nord.
La plupart des espèces migrent jusqu’aux régions tempérées du nord de l’Argentine, bien que quelques-unes unes atteignent l’Amérique centrale, mais elles ne poussent guère plus loin. Deux espèces sont l’exception : l’hirondelle, qui habituellement nidifie en Amérique du Nord et revient au printemps jusqu'à la limite sud de la province de Buenos Aires. L’autre cas particulier est celui du playero rojizo (Calidris canutus rufa), qui se déplace de l’Arctique jusqu’à l’Antarctique : un aller-retour de quelque 32.000 kilomètres !
Réaction placide des autorités sanitaires locales
Les autorités sanitaires argentines ont tout de même déclaré qu’elles prenaient des mesures préventives contre la grippe aviaire. Au SENASA ( Secretaría de Agricultura, Ganadería, Pesca y Alimentación), la responsable du secteur avicole, Cora Espinoza, a assuré que les contrôles pour les importations d’oiseaux vivants ont été renforcés et qu’un réseau de détection précoce de la souche H5N1 sera mis en place. De son côte, le ministre de la Santé, Ginés Gonzalez García, a déclaré que dès le mois de mars les campagnes de vaccination habituelles contre la grippe saisonnière seront fortifiées. Cette mesure a pour but d'éviter d'alarmer la population si le nombre de cas de grippe banale venait à augmenter, les deux grippes présentant les mêmes symptômes.
Les Argentins aiment le poulet !
En attendant, le secteur avicole argentin se porte, lui, comme un charme. Le gouvernement a annoncé hier l’ouverture d’une ligne de crédits de 100 millions de pesos, destinée aux éleveurs de poulets et de dindes. Cela doit permettre un accroissement de l’élevage de 12%. Et selon les chiffres fournis par la CEPA (Centro de Empresas Procesadoras Avícolas), l’élevage de volailles est déjà en pleine expansion en Argentine : l’abattage de poulets destinés au secteur alimentaire a augmenté de 25% en janvier 2006 par rapport au même mois de l’année dernière. Soit 35.736.816 poulets commercialisés contre 28.515.454 en 2005. Les prévisions de consommation interne atteindraient les 26,2 kilos de viande de poulet par habitant en2006.
Suzanne THIAIS. (LPJ - Buenos Aires) 24 février 2006 Plus d’info
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