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CANNES – Un palmarès plutôt cocorico |
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lundi 25 mai 2009 |
A Charlotte Gainsbourg la palme de l’actrice, à Jacques Audiard le Grand Prix, et à Alain Resnais le prix spécial… Le palmarès du 62e festival de Cannes honore la France, mais donne la palme à l’Autrichien Michael Haneke pour Le Ruban blanc. Retour sur la soirée de clôture
Charlotte Gainsbourg sympathique et bouleversante (photo AFP)
(rédaction internationale) - Observer les têtes couronnées par le palmarès du 62e festival de Cannes donne un sentiment de fierté patriotique sans doute hors de propos dans le cadre d’un cinéma mondial. Mais pourquoi bouder sa joie ? D’ailleurs si la palme d’or revient au cinéaste autrichien Michael Haneke pour Le Ruban blanc, il est difficile d’oublier qu’elle lui a été remise par un jury présidé par Isabelle Huppert elle-même couronnée il y a 9 ans pour le rôle qu’il lui avait donnée dans La pianiste. D’ailleurs le hug monumental qu’elle lui a fait hier soir en lui remettant le trophée était assez significatif de l’affection que la Frenchy lui porte. Autre Française, autre temps, autre émotion : Charlotte Gainsbourg qui joue une mère dévastée dans le très controversé Antichrist du Danois Lars von Trier a été sublime dans sa courte robe de plage. De sa voix fragile au phrasé mélodieux, Charlotte a été magiquement for ever : après avoir remercié le jury et l’équipe en résumant que son expérience avec Lars avait été "la plus intense, la plus douloureuse et la plus excitante jusqu’à présent ,elle a ajouté, je veux remercier Yvan (Attal, très digne dans la salle) et Ben et Alice mes enfants qui sont ma respiration ; je veux aussi embrasser ma mère qui a été ma confidente pendant le film, et pour finir, je pense à mon père en espérant que s’il était là il serait fier de moi, et choqué." Comment ne pas écraser une larme ?
Lunettes noires et humour A 87 ans, Alain Resnais en chemise rouge sur baskets blanches assorties à la chevelure est monté récupérer un prix spécial pour l’ensemble de sa carrière : "n’étant plus acteur depuis une grande poignée d’années, je peux marquer sans feinte ma surprise". Jolie manière de regretter une récompense plus claire pour Les herbes folles… Comme lui, Jaques Audiard est monté chaussé de lunettes de soleil chercher son Grand prix pour Un prophète que critiques et festivaliers donnaient gagnant depuis le départ –la salle l’a d’ailleurs ovationné. Toujours bonhomme et rigolo, le fils de Michel s’est dit saisi d’un syndrome d’imposture en citant une phrase issue d’Out of Africa : "faites attention, parce que maintenant je vais croire à tout ce que vous allez me dire…"
Nue dans des champs de lotus En franco-français enfin, et en maître de cérémonie toujours, Edouard Baer s’est mélangé les pinceaux dès le début en annonçant Isabelle Adjani trop tôt, puis en adaptant la célèbre phrase "passe moi le sel" aux tons des films de la compétition, en s’embrasant sur des océans de tendresse, et en embrassant le show de Terry Gillians. Mais on retiendra de sa prestation, le moment où Zhang Ziyi la ravissante actrice chinoise avait terminé de son anglais parfait son speech sur l’importance des interprétations masculines en le alpaguant : "Meussieur ?" Et Edouard d’enchaîner : "pardon, j’étais en train de vous imaginer courant nue dans des champs de lotus." Une belle soirée en somme. Blanche BAUDOUIN. (www.lepetitjournal.com) lundi 25 mai 2009
Palmarès du 62e festival de Cannes - Palme d'or : Le Ruban blanc de Michael Haneke - Grand prix : Un prophète de Jacques Audiard - Prix spécial du Festival pour l'ensemble de son œuvre : Alain Resnais - Prix d'interprétation féminine : Charlotte Gainsbourg pour son rôle dans Antichrist de Lars von Trier - Prix d'interprétation masculine : Christoph Waltz pour son rôle dans Inglourious basterds de Quentin Tarantino - Prix de la mise en scène : Philippin Brillante Mendoza pour son film Kinatay - Prix du scénario : Nuits d'ivresse printanière de Lou Ye - Prix du jury ex-aequo :à la Britannique Andrea Arnold pour Fish Tank et au Coréen Park Chan-wook avec Thirst, ceci est mon sang - Prix du meilleur court métrage : Arena de Joao Salaviza
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