Jeudi, 31 Mai 2012
C'est en France que Luis Longhi découvre le bandonéon et crée son groupe Demoliendo Tangos. A découvrir au Moliere Teatro

(Photo: Barbara Vignaux )

L’itinéraire de Luis Longhi emprunte plusieurs allers et retours entre la France et l’Argentine. Né à La Plata en 1965, ce comédien à la bouille enfantine a suivi un
stage de mise en scène auprès de Jorge Lavelli, à la Comédie française, en 1987. Il séjourne alors chez sa sœur aînée, Silvia, la mère de Laura Alcoba, auteur, qui a publié, Manèges (Gallimard, 2007), présenté l’an dernier à la Feria del Libro.
La France, encore, en pleine célébration du bicentenaire de la Révolution : c’est à Paris, dans la rue, que Luis Longhi commence à pratiquer le bandoneón, un peu par hasard, alors qu’il ne possède cet instrument que depuis quelques mois. Il en étudie ensuite la technique avec le maître Rodolfo Mederos.

Falta mugre
Fan de tango et bandoneóniste confirmé, il appartient durant six ans au quintette Tangata Rea, avec lequel il effectue des concerts en Argentine, en Europe et aux Etats-Unis (jusqu’en 1998) : « A l’époque, au début des années 90, il n’y avait que quelques groupes de tango à Buenos Aires. Aujourd’hui encore, cette ville reste la Mecque du tanguero. Tu peux écouter les meilleurs musiciens du monde : s’ils n’ont pas séjourné ici, leur tango manque de mugre (de rue)».
C’est aussi dans la capitale française, à la Cité universitaire, qu’il crée, comme une boutade, le duo Demoliendo tangos, avec celui qui deviendra son principal partenaire de scène, le compositeur et pianiste Federico Mizrahi. On est en 1999. Cette même année, il a joué dans une pièce de Manuel Ledvabni, Tango Chejoviano, de Mario Cura et Pacho O'Donnell, au théâtre Lucernaire.

Dix bougies
En 2009, Demoliendo tangos célèbre donc sa première décennie, deux CD et dix spectacles annuels. Pour fêter l’événement, Luis et Federico, entourés de deux excellents musiciens, Christine Brebes au violon et Jorge Bergero au violoncelle, ont monté un spectacle, actuellement visible au Teatro Molière. Pourquoi avoir baptisé le groupe d’un tel nom ? « Comme Astor Piazzola, on veut détruire pour mieux reconstruire le tango, créer notre propre musique. On ne reprend pas les classiques de toujours, notre public le sait. Et le couple de danseurs – lui, petit, elle, grande – ne correspond pas non plus au cliché tanguero conventionnel », explique Luis.
Malgré sa tendresse pour son bandoneón, Luis est avant tout un comédien, familier des scènes théâtrales et du petit écran. Il était l’an dernier à l’affiche de Pepino el 88, mis en scène par Daniel Suárez Marzal à l’Alvear (complexe théâtral San Martín), avec une direction musicale de Federico Mizrahi. Cette année, il jouera dans Marat-Sade de Peter Weiss, toujours au San Martín. Au fait, vérifie-t-il, « comment prononce-t-on ? Marat ? Maratte ? »
Barbara Vignaux (www.lepetitjournal.com - Buenos Aires) le 12 mai 2009

10 años Demoliendo Tangos
Molière Teatro
Balcarce 678
Samedi à 23h30
Entrée : $ 40$
Réservations : 4343-0777
Plus d’infos : www.demoliendotangos.com.ar