Karim chante dans le groupe catalan Arangu. En provenance de France, il s’installe, il y à cinq ans, à Granollers (Barcelone). Aujourd’hui, il participe au métissage de sa formation musicale. Arangu : des influences multiples, des textes chantés dans quatre langues différentes
Karim, le 8 avril, sur la scène du Taboó à Madrid (photo LPJ)Lepetitjournal.com : Comment as-tu rencontré le groupe ?Karim : J’étais serveur dans un café. Régulièrement, je servais des musiciens de l’école supérieure de musique, située à proximité. Je les ai abordés : je cherchais des instrumentales pour chanter. Puis, plus de nouvelles. Et un jour, ils sont revenus vers moi. Ils m’ont proposé de faire un essai pour leur nouveau projet : l’aventure était lancée.
Pourquoi es-tu parti vivre en Catalogne ?J’accumulais les petits boulots et les soucis, à droite et à gauche. Il fallait que cela cesse. Mon oncle m’a alors proposé de venir vivre chez lui à Barcelone. J’ai donc pu prendre le temps d’apprendre la langue et de m’intégrer peu à peu.
Et tes expériences précédentes ?De Nice en passant par Beauvais : j’ai beaucoup déménagé avant d’arriver en Catalogne. La musique n’était qu’un passe-temps pour moi. Je faisais quelques sessions avec des amis, mais sans prétention particulière.
Comment peut-on décrire le style d’Arangu ?La base, c’est le funk. Mais des influences diverses s’y ajoutent à chaque composition : Hip-hop, Reggae, Drum N’ Bass ou encore disco. Ce qui nous plaît, c’est le métissage. Les textes sont écrits en Catalan, Castillan, Français et Anglais. Certaines émotions sont mieux retranscrites dans une langue, ou une autre. Ca nous permet aussi d’avoir un vocabulaire plus large. Si nous pouvions utiliser des langues supplémentaires, nous le ferions.
Quels liens gardes-tu avec la France ?Mon cousin vit à Paris. Mais j’ai tellement changé de lieu de vie que je ne garde pas d’attaches fortes avec la France. Des amis proches, il n’y en a pas beaucoup. Il y a surtout des connaissances accumulées au fil des expériences et des souvenirs.
Mais pourquoi ne pas y faire des concerts ?Ce soir je suis ici, mais demain ? Niveau argent, les conditions sont très difficiles. En aucun cas on cherche à se mettre en difficulté financière les uns et les autres. D’ailleurs, lorsqu’un membre du groupe ne peut pas participer à un concert pour cause de travail, on le remplace le temps d’une soirée. C’est alors différent, car les liens sur scène ne sont pas les mêmes. Arangu, c’est une grande famille.
Ce serait une fierté personnelle que le groupe fonctionne en France ?Que les gens que j’ai pu rencontrer me voit et se souvienne de moi, ce serait une très grande fierté. Cependant je n’ai pas les contacts qu’il faut en France. Si ça doit se faire, ça se fera. Cela prendra le temps qu’il faudra, mais on va tout faire pour y arriver. Avec notre manager, on tire tout le groupe vers le haut.
Propos recueillis par Jean TRICOIRE (www.lepetitjournal.com Madrid) mercredi 15 avril 2009.
Plus d'informations sur Arangu : http://www.myspace.com/arangu