Mardi, 14 Février 2012

L’empire du milieu est souvent dépeint comme ultra-consommateur d’énergies et comme le futur pollueur numéro un de la planète. Nul doute, qu’il y a du vrai dans cette description, la Chine est en effet au cœur de nombreux scandales environnementaux. Cependant, elle essaie également de donner une meilleure image d’elle-même, et de produire une énergie plus propre aux dépends du charbon.

Le sommet de Copenhague sur le climat approche (il aura lieu en décembre), et Pékin a jeté un premier pavé dans la mare en demandant un changement du mode de calcul des émissions de CO2 par pays. La Chine souhaite en effet que les pays consommateurs des produits dont la fabrication implique des rejets de CO2 soient tenus pour responsables de ces émissions à la place des pays où se trouvent les usines qui les fabriquent. Les Etats-Unis, principal importateur de produits chinois, devraient ainsi voir leur facture énergétique augmenter de plus de 15%, ce qui leur ferait regagner leur place de premier pays émetteur de CO2, récemment ravie par la Chine.


Il ne faut pas croire que le seul espoir de la Chine de faire baisser ses émissions de CO2 réside dans cette demande. Pékin investit beaucoup pour s’assurer que l’électricité produite soit de plus en plus « eco-friendly ». Des centrales nucléaires sont amenées à remplacer toutes les usines thermiques à moyen terme, et les projets hydro-électriques sont légions maintenant que le barrage des Trois Gorges est achevé. Enfin l’énergie éolienne est de plus en plus mise en valeur par divers projets immobiliers ou de parcs éoliens qui ont pour but ultime l’autosuffisance.

L’industrie des solutions vertes en plein boom

La Chine est l’atelier de la planète en particulier dans le domaine éolien : plus de 50% des équipements mondiaux y sont produits. Dans un marché mondial en pleine évolution, les fournisseurs locaux tirent leur épingle du jeu grâce à des clients situés autant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays : Vestas et General Electric ont ainsi annoncé le doublement de leurs livraisons à partir de leurs usines chinoises.


L’industrie photovoltaïque se développe quant à elle trop vite, et est actuellement en phase de cure d’assainissement qui lui permettra de partir sur des bases plus saines à l’avenir : les usines sont en surproduction depuis près d’un an. Enfin, la Chine pourrait accroitre son avance dans la production d’éthanol nouvelle génération, et développe des projets de voitures électriques qui ont déjà été évoqués dans cette édition.

Quentin Duriez (www.lepetitjournal.com - Shanghai) 27 avril 2009