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Le Brésil gaspille plus de 13 millions de tonnes de nourriture par an. L’association Prato Cheio lutte pour faire le pont entre cette perdition et les personnes touchées par la malnutrition Des enfants pris en charge par l'ONG. (Photo : Prato Cheio)
Avril 2001 : un groupe de jeunes universitaires crée L’ONG Prato Cheio. C’est en réfléchissant à la condition de nombreux Brésiliens et en prenant conscience de l’injustice et de l’inégalité qui existe dans leur pays qu’ils décident de s’investir dans une association. La mission de Prato Cheio sera de combattre la faim et la malnutrition sur tout le territoire national. Cette ONG part en effet du principe qu’il ne peut pas y avoir de gaspillage d’aliments quand il existe encore des personnes affamées. Or, elle se retrouve face à une situation alarmante. Selon une étude réalisée par la Fondation Gétulio Vargas, en 2003, 27,26% de la population brésilienne n’avait pas de revenus suffisants pour subvenir ne serait-ce qu’à ses besoins en nourriture. Cela représente 47,4 millions de Brésiliens sans l’argent nécessaire pour s’offrir la "cesta basica" mensuelle qui garantit la consommation journalière de 2.888 calories, niveau recommandé par l’Organisation Mondiale de la Santé. Un gaspillage incommensurable D’un autre coté, il existe encore au Brésil un nombre inconcevable de perdition d’aliments. Dans les supermarchés, qui fournissent 85% de la consommation urbaine, 13 millions de tonnes de nourriture sont jetées tous les ans. Dans les marchés, le gaspillage s’élève à 1.000 tonnes par jour. Conséquence annexe : 60% des déchets accumulés dans les zones urbaines des d’aliments. Les membres participent aux collectes. (Photo : Prato Cheio)
L’objectif de Prato Cheio devient ainsi de créer un lien entre cette perdition alimentaire et les personnes en état de carence nutritionnelle. L’association agit quotidiennement auprès de 25 institutions, venant ainsi à l’aide de plus de 3.000 personnes (crèches, maisons pour personnes âgées, sans abris, mères en difficultés, etc). Le total des aliments collectés depuis la fondation de l’association Prato Cheio est de plus de 233 tonnes. Des aliments qui ont perdu leur valeur commerciale mais peuvent encore avoir une énorme valeur nutritionnelle pour ceux qui les recevront. L’ONG réalise son travail à partir de collecte d’aliments, principalement en nature, dans les marchés, fermes, boulangeries et stocks de la région de São Paulo et les distribue aux institutions. Une aide complète Au delà de la distribution d’aliments, Prato Cheio tente aussi d’offrir de l’aide aux institutions afin qu’elles puissent optimiser la consommation de ces aliments. Leur participation est la contrepartie exigée en échange des aliments distribués. Au programme, des visites nutritionnelles périodiques, des cours d’hygiène, de technique de stockage des aliments, d’utilisation intégrale des aliments (dans le but de préserver les valeurs nutritionnelles) et aussi des cours de cuisine sont organisées afin de permettre aux institutions d’utiliser les aliments de la meilleure manière. Chez les enfants, leurs mensurations sont prises régulièrement afin de contrôler leur croissance et l’efficacité des cours dispensés aux cuisinières. Parallèlement, l’association travaille aussi main dans la main avec d’autres ONGs de São Paulo, comme Fome Zero. Miriam, la gérante du projet social, y croit mais estime cependant que "beaucoup d’entreprises ont cessé de financer car elles ont perdu la confiance qu’elle vouaient au gouvernement"... Julie LE PHUEZ. (LPJ) 13 février 2006
Plus d’infos : www.pratocheio.org.br |