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Fin septembre 2005, Jarosław Kaczynski, leader du PiS, Droit et Justice,
le parti conservateur vainqueur des législatives, nomme Kazimierz
Marcinkiewicz au poste de Premier ministre. Cent jours après, le
gouvernement affiche un bilan mitigé.
Kazimierz Marcinkiewicz, lors de son discours de politique générale le 10 novembre 2005. (Photo AFP)
Les politiciens de toutes les formations étaient certains de la nomination de Jarosław Kaczynski à la tête du gouvernement. Aussi ont-ils été surpis par la nomination de Kazimierz Marcinkiewicz, un économiste de 46 ans respecté et modeste mais peu connu. S’agissait-il d’un premier ministre provisoire ou d’un gouvernement "conduit du siège arrière" comme dit de façon très imagée une expression populaire polonaise ? La question est encore fréquemment posée dans la presse.
Echec de la coopération PO- PiS
La coalition entre les partis PO et PiS, annoncée lors de la campagne électorale, tourne au fiasco lorsque Donald Tusk, chef de PO, déclare, lors de la constitution du nouveau gouvernement : "J’exclus de discuter avec des gens qui veulent 100% des pouvoirs". Kazimierz Marcinkiewicz élabore alors un gouvernement minoritaire dans lequel il réussit à attirer quelques éléments précieux du parti PO, comme Zbigniew Religa devenue Ministre de la santé. Le 10 novembre, Kazimierz Marcinkiewicz prononce son discours d´investiture devant le Parlement et obtient un vote de confiance avec l’appui de son parti, le PiS, de deux formations ultra-conservatrices LPR (Ligue des Familles Polonaises) et Samoobrona (Autodéfense) et le parti paysan PSL.
Ensuite, la composition de son cabinet connaît deux changements importants : la démission du Ministre du trésor Andrzej Mikosz remplacé par le Premier Ministre lui-même et celle de la Ministre des finances très controversée Teresa Lubińska, à laquelle succéde la libérale Zyta Gilowska, ancien membre de PO.
Le gouvernement "des bonnes nouvelles"
Dans un discours public énoncé le 8 février, Kazimierz Marcinkiewicz a mis en avant les premières réussites de son gouvernement - obtention de fonds supplémentaires pour la Pologne au cours des négociations sur le budget européen 2007-2013, création d’un Office gouvernemental anti-corruption, établissement de bonnes relations avec la France, l´Allemagne, la Grande-Bretagne et les pays d´Europe Centrale, introduction d’une nouvelle allocation versée à chaque mère d’un enfant né après le 19 novembre 2005 indépendante du plafond de ses revenus, projet de loi qui prolongera de deux semaines les congés de maternité…
Néanmoins, Kazimierz Marcinkiewicz et ses ministres ont, aussi, multiplié les promesses dont certaines connaissent déjà un mauvais sort. La réforme des finances publiques et la modification de la loi fiscale ont été reportées. Le projet d´imposer des restrictions budgétaires à l’administration publique a capoté. La construction de trois millions de logements en huit ans serait réduite à 300.000.
Des statistiques récentes attribueraient au Premier Ministre un taux de confiance de 68%. Mais Kazimierz Marcinkiewicz n´est pas au bout de ses peines. Il va devoir diriger un gouvernement minoritaire et, certainement, composer avec les petits partis ultra-conservateurs et ultra-catholiques auxquels le PiS est désormais uni, pour un an, par un pacte de stabilité.
MT – LPJ Varsovie – 16 février 2006 |