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Anoche, le dernier album des Babasonicos, lancé en octobre 2005, est reconnu par la critique internationale et le public comme un petit bijou. Plus que jamais ce groupe argentin affirme son importance dans le monde du rock latino
Depuis 1991, le groupe des 6 de Tulán, n’a cessé d’évoluer et de se renouveler, au fil de huit différents albums. Babasonicos, le nom de scène pour le moins étrange qu’ils se sont choisi, provient de l’association de deux concepts antinomiques. Le premier est une dédicace au gourou indien Saï Baba, qu’ils ont trouvé buena onda (de bon augure) dans une émission de télévision. Le second est sans doute plus connu du grand public, il s’agit du dessin animé Les Supersoniques. L’alliance des deux forme ce groupe atypique qui se trouve toujours là où on ne l’attend pas.
Leurs premières années sont marquées par une farouche volonté d’indépendance. Le groupe choisit de se produire lui-même, vit en communauté et gère directement tout ce qui concerne les vidéos et les prestations scéniques. Adrian Dargelos, la voix des Babasonicos, prend en main la production des clips, développant une esthétique à fortes réminiscences de séries B. Peu conventionnel, le groupe aime prendre des risques à chaque nouvelle production. Mais on le reconnaît toujours dans une ambiance musicale entre funk et vieux disco, des paroles d’adolescence et des images aux couleurs pop.
Anoche
En 1994, ils font la première partie des concerts d’INXS et un mois plus tard celle de Depeche Mode. Un tremplin qui leur permet de jouer devant plus de 30.000 personnes. Depuis, leurs albums sont de francs succès, comme Miami en 1999, Jessico en 2002 et Infame en 2004.
Le dernier en date, Anoche, lancé en octobre dernier, passe actuellement sur toutes les radios et paraît aussi prometteur que les précédents, voire plus. Premier opus avec Universal Music, l’album est disque d’or en moins d’une semaine. Les journalistes du Chicago Tribune l’élisent directement meilleur disque de l’année. Ce qui montre que le public des Babasonicos ne se résume pas à l’Argentine, mais plus globalement au continent américain. La nouveauté de ce disque se comprend dès le début. Un triptyque, dans la plus pure tradition des années 70, unit trois chansons dans les mêmes tonalités et thématiques. Carismático, Yegua et Un flash s’enchaînent sans temps morts et forment une seule et même ode au milieu de la nuit et des rencontres que l’on y fait. Le morceau Puesto, au son sucré et acidulé, est un véritable éloge de la coquetterie des rencontres amoureuses. Les autres sont autant d’hommages aux musiciens qui les influencent : Virus, Spinetta, Soda Stereo, ou encore Pulp.
Mais ce qui importe aux membres de Babasonicos avant toute chose, c’est de s’amuser, prendre du plaisir dans ce qu’ils font. Et tant que le public en prend aussi, cela peut durer encore longtemps !
Céline GARAY. (LPJ - Buenos Aires) 13 février 2006 Pour plus d’infos : www.babasonicos.com.ar |