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Après quelques mois de répit, la crise politique s’est de nouveau enflammée ces dernières semaines en Thaïlande. Les manifestations des "Chemises rouges" autour du siège du gouvernement, l’annulation d’une rencontre de l’Asean et les violents affrontements avec l’armée lundi dernier ont mis à mal les efforts du gouvernement pour redorer l’image du Royaume (Photo Jean-Louis Duzert)
Les manifestants rouges à peine dispersés, les agences de notation Standard&Poor’s, Moody’s et Fitch, émettaient des avis négatifs sur la Thaïlande et disaient être prêtes à dégrader encore la note du pays si la crise persistait. Le ministre des Finances Korn Chatikavanij prévenait lui que la croissance économique pourrait reculer de quasiment 5% en 2009, la confiance des investisseurs et le tourisme touristique promettant d’être très secoués par les événements. Avant les affrontements, les prévisions tournaient autour de 3%. Le ministre a également admis qu’à cause des clashes, la Thaïlande pourrait avoir besoin d’emprunter davantage pour financer le plan de relance récemment annoncé.
"L’agitation politique est devenue un style de vie" Le secteur du tourisme, déjà affecté par la crise économique mondiale et les précédentes péripéties politiques, craint lui la perte de 200 milliards de bahts de revenus pour cette année, ainsi que celle de 200.000 emplois. La Fédération de l’industrie du tourisme thaïlandais estime que le nombre des arrivées de touristes a chuté de 25% au premier trimestre, par rapport à 2008. Plusieurs pays ont mis en garde leurs ressortissants contre les déplacements en Thaïlande. Un peu moins de 11 millions de vacanciers devraient visiter le royaume en 2009, contre 14 millions l’année passée, selon l’association. La presse tente d’évaluer l’ampleur des dégâts. Les analystes interrogés par le Bangkok Post oscillent entre l’inquiétude face à la répétition des troubles et la confiance dans la capacité de la Thaïlande à gérer sa turbulente histoire politique.
Trois ans de perdus Le quotidien cite Mark Mobius, directeur exécutif de Templeton Asset Management, qui rappelle que "l’agitation politique n’est pas nouvelle en Thaïlande. Les incertitudes politiques et les changements de gouvernement sont devenus un style de vie pour les Thaïlandais depuis l’abolition de la monarchie absolue en 1932." The Nation rapporte, lui, les propos du président de l’Organisation du commerce extérieur japonais à Bangkok. Munenori Yamada assure que le Japon, l’un des principaux partenaires commerciaux de la Thaïlande, n’a aucune intention de rapatrier ses investissements. Il estime tout de même qu’en retardant d’importantes décisions d’investissements, notamment d’infrastructures, la crise politique a fait perdre trois ans au royaume. Emmanuelle Michel (http://www.lepetitjournal.com/bangkok.html) mardi 21 avril 2009
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