Pour la première fois en plusieurs mois, la Chine et la France semblent enfin sur le point d’oublier leur brouille récente pour tenter d’avancer de nouveau ensemble. Rappelons que les relations diplomatiques sino-françaises étaient au point mort depuis la rencontre de Nicolas Sarkozy, alors président de l’Union Européenne, avec le dalaï-lama, en décembre dernier
Peu de temps avant le G20, qui s’est tenu à Londres il y a deux semaines, les premiers signes d’un rapprochement se sont fait sentir. Le Premier Ministre Chinois Wen Jiabao avait soigneusement évité la France lors de sa tournée européenne du mois de mars, suite à quoi la France avait été le seul grand pays européen qui n’ait pas reçu la visite de la délégation commerciale chinoise. A l’époque, nul ne savait quand et comment les relations entre les deux pays s’amélioreraient. Peut-être est-ce la bonne idée de Gordon Brown de placer Nicolas Sarkozy et Hu Jintao côte à côte lors du diner des chefs d’états et de gouvernement du G20 qui est à l’origine de ce rapprochement soudain. Toujours est-il que les deux présidents se sont finalement rencontrés en marge du sommet mondial, et que le communiqué de presse commun qui en a découlé a rassuré les partisans d’une amitié franco-chinoise.
Comment se concrétisent ces nouveaux rapports ?
On ne réinvente pas ses relations diplomatiques, mais au vu du passé si particulier de la France et de la Chine, l’orientation de leur nouveau partenariat n’est pas clairement définie pour le moment. Se limitera-t-il à des échanges commerciaux bilatéraux pour lutter contre la crise actuelle ? La visite de Jean-Pierre Raffarin dans le cadre du 15ème colloque franco-chinois, qui s’est tenu à Pékin la semaine dernière, semble confirmer cette thèse. Cela dit, une confiance mutuelle retrouvée pourrait permettre aux deux pays d’avancer ensemble dans d’autres domaines : la Chine souhaite par exemple que la France s’investisse dans les énergies renouvelables en Chine.
Et puisqu’il faut un symbole, celui de cette nouvelle impulsion des relations franco-chinoises est tout trouvé : la nouvelle ambassade de France à Pékin. Hasard du calendrier, la cérémonie de pose de la première pierre de la future plus grande ambassade de France à l’étranger coïncide parfaitement avec ce réchauffement diplomatique.
Quentin Duriez (www.lepetitjournal.com – Shanghai) 13 avril 2009