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DSK – Le grand gagnant de la crise |
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mardi 14 avril 2009 |
La crise financière a remis Dominique Strauss-Kahn, directeur général du FMI, au premier plan de l’actualité. Il est parvenu à corriger l’image de cette institution et a obtenu lors du G20 un triplement de ses ressources. Investi du rôle de conseiller et de régulateur en chef de l’économie mondiale, toujours très populaire en France, son ombre plane déjà sur les présidentielles de 2012
(Rédaction Internationale) - Dominique Strauss-Kahn (photo AFP/Frank Fife) occupe une place à part dans la vie politique française : économiste réputé, il se place volontiers au dessus du débat politicien, et se veut l’incarnation d’une gauche moderne, d’une social-démocratie qui pourrait bien être un recours pour les Français si la crise perdure. Auréolé de son succès éclatant au G20, il s’est envolé en tête des sondages, à 59% d’opinions favorables (+11 points).
Une stature d'homme d'Etat renforcée Le patron du FMI sort renforcé du G20. La crise a permis à DSK d’user de toute son influence. En volant au secours d’Etats au bord de la faillite, comme la Hongrie ou la Roumanie, en prônant la régulation du capitalisme, il est devenu le symbole d’une mondialisation à visage humain. Obtenant un triplement des ressources du FMI, DSK s’est félicité de disposer désormais de "la puissance de feu" permettant de prêter de l’argent aux économies en difficulté, pour soutenir leurs monnaies et leurs systèmes financiers. En dissonance avec la gauche française, le patron du FMI juge que "le problème principal aujourd'hui, ce n'est pas d'augmenter les plans de relance" et minimise la différence d'envergure entre les plans européen et américain. "Quand on tient compte de la protection sociale, des stabilisateurs automatiques, bien plus forts en Europe, l'écart n'est pas si grand." A la faveur de la tourmente, DSK est devenu un acteur incontournable de la refonte du capitalisme.
Spéculations sur son retour en 2012 Une crédibilité sur le plan mondial qui ne passe pas inaperçue en France, à gauche comme à droite. Lorsque Dominique Strauss-Kahn a été nommé directeur général du FMI, exilé de l’autre côté de l’Atlantique, certains observateurs avaient pu croire que l’ancien ministre des Finances se retirait de la vie politique française. Fort de ses succès, il focalise à nouveau l’attention, bien que son mandat ne s’achève qu’en septembre 2012. D’après un confidentiel du Figaro, Nicolas Sarkozy lui aurait même proposé le poste de Premier ministre il y a quelques semaines. A gauche, alors qu’un leader incontesté peine à émerger, il pourrait apparaître comme une option séduisante. Selon un sondage*, dans la course à la candidature élyséenne, DSK est jugé par 28% des Français le mieux placé en cas de primaires ouvertes, devant Ségolène Royal (18%). Les sympathisants de gauche lui préfèrent la présidente du Poitou-Charentes. Pourtant, il n’a plus vraiment de courant en tant que tel au PS, et il n’aurait pas la partie facile. D’ici 2012, les spéculations iront bon train. A 60 ans, son destin reste largement ouvert. Marie-Pierre Parlange (www.lepetitjournal.com) mardi 14 avril 2009
* Paru dans Nouvelobs.com le 30 mars 2009
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