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L’Inde, l’Australie, l’Europe… C’est au fil de ces itinéraires que la chanteuse Susheela Raman a élaboré les gammes de son monde artistique. Chaque culture, chaque territoire, a planté dans sa voix un écho qu’elle cristallise dans son nouvel album Music for crocodile, présenté à Gérone le 16 février et le 19 février à Madrid
Le dernier opus de Susheela Raman
Il suffit d’écouter quelques vers de "L’âme volatile", l’un des titres du nouvel album de Susheela Raman, pour comprendre la richesse du personnage et de son répertoire musical. Ces quelques lignes, écrites par le poète afghan Barmak Akram, portent l’essence même de l’itinéraire de Susheela : “Je sors de moi / Je vole au dessus des villes / De voyages en voyages / D’exil en exil “. C’est l’exil d’une petite fille née à Londres de parents tamouls, l’exil d’une jeune fille qui grandira en Australie, et l’exil d’une vagabonde qui en fera des chansons.
Elevée à coup de refrains carnatiques -la musique classique du Sud de l’Inde-, Susheela se laisse séduire à l’adolescence par le chant des sirènes occidentales, au travers du blues, de la soul, du funk et du rock. S’en suit une époque de concerts à Sydney, au sein d’un groupe qui la trimballe de bars en bars. A 21 ans, sa culture musicale couvre alors un espace aussi vaste que les continents qu’elle a parcouru, si bien que le silence s’impose à elle : "J’avais toujours une voix pour parler, mais plus pour chanter", explique-t-elle .
Mélange hindoustani
Un long séjour en Inde aura raison de ce silence, puisqu’elle y apprend une gamme de notes qui lui donne aujourd’hui ce timbre si particulier. En s’installant à Londres, elle découvre un territoire neutre sur lequel elle commence son travail de symbiose des sonorités, entre influences indiennes et occidentales, chansons en anglais et textes en sanscrits, compositions originales et relecture du répertoire carnatique.
Ce travail trouve son aboutissement dans l’album Salt Rain, qu’elle compose aux cotés du guitariste et producteur anglais Sam Mills. Dès lors, leur duo sera le moteur d’une création qui les conduira jusqu’à Music for crocodile. Enregistré dans un studio indien, et servi par des instrumentistes classiques locaux, l’album donne toute sa dimension au terme de "musique du monde". C’est une brillante palette de sons, de vibrations et de couleurs qui surgit à l’écoute de ce travail d’union musicale, et que Susheela qualifie elle-même de "mélange d’inconscience, de curiosité et de discipline". A savourer à Gérone le 16 février et le 19 février à Madrid.
Sarah PAROT (LPJ). Mardi 7 février 2006. Susheela Raman, en concert à Girone le 16 février, à Murcia le 17 et à Madrid le 19.
+ d’infos : www.bamwam.com |