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Pour avoir une vision claire du nombre des migrants paysans ruraux, le Bureau des Statistiques vient de publier un sondage réalisé, lors de la Fête du printemps (Chunjie), auprès de 68.000 foyers de migrants, dans 7.100 villages et 31 provinces de Chine. Quelques facteurs clés y sont révélés. A la suite de ce sondage, le Bureau de Statistiques vient de publier le 25 mars, la carte la plus récente des «nong-mingong» 农 民工, ruraux paysans chinois. Au 31 décembre 2008, les migrants étaient recensés 225 millions, dont 140 millions montés à la ville, le reste resté en province. Puis est tombé le couperet de la crise : au Chunjie (festival du printemps), sur les 70 millions retournés au village, 14 millions d’entre eux n’en sont pas reparti. Parmi ces 56 millions revenus à la ville, 45 millions ont repris le travail, et 11M en cherchent. Le résultat de cette enquête montre que les villages ne retiennent plus que 37,7% de ces paysans «non fermiers».
Retour au bercail Les régions les plus migrantes de Chine sont le Centre (37,6%) et l’Ouest (32,7%), et c’est à l’Est du pays qu’ils vont à 71%. Le même Est rural a su retenir le plus de ces non-fermiers : 62% dont 17% au delta du Yangtzé, et 24% à celui des Perles (régions riches, où l’ouvrage ne manque pas)… Selon la statistique, parmi les 23 millions de chômeurs paysans migrants retournés au bercail, suite à la perte de leur emploi à la ville (fermeture d’usines), 13% d’entre eux, n’avaient toujours pas été payés ; 6% d’entre eux avaient perdu leur terre, suite à des transferts de terre à la famille ou au village, ou suite à une expropriation. Dernier chiffre qui peut laisser pensif: parmi ceux ayant perdu leur terre, seuls 5,4% comptaient se battre pour la ravoir, et 0,3%, pour la cultiver eux-mêmes. Comme pour suggérer que pour le migrant paysan, l’abandon du métier de cultivateur est un choix définitif. Eric Meyer, de notre partenaire Vent de la Chine, 31 mars 2009 |