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Les 800 ruminants qui vivent en liberté dans le plus grand parc d'Europe sont victimes de la pollution et de fréquents accidents avec des véhicules
La signalisation ne suffit pas à faire ralentir les voitures (photo MG - LPJ Dublin)
Fort de ses 200 hectares, le Phoenix Park permet aux Dublinois de profiter de la nature. Les citadins viennent dans le plus grand parc d'une ville d'Europe pour faire du jogging, pique-niquer, mais surtout pour voir les daims.
Près de 800 cervidés se baladent dans le Phoenix Park en totale liberté. Au gré de leurs envies, ils envahissent sans gêne les terrains de rugby, de polo ou de cricket. Et il arrive même qu'ils quittent le parc par l'une des deux entrées qui restent ouvertes à toutes heures du jour et de la nuit.
"Nous recevons régulièrement des appels téléphoniques de personnes affolées parce qu'un daim est entré dans leur jardin et dévore leurs fleurs. De manière plus dramatique, il nous est déjà arrivé de devoir récupérer un animal tombé dans une piscine ou un autre pris au piège dans un filet de tennis", indique Don Doran, l’un des douze rangers qui surveillent le parc.
Automobile: le nouveau prédateur
A sa création, en 1662, le Phoenix Park servait de terrain de chasse pour les nobles. Aujourd'hui, les daims n’ont plus à craindre les chasseurs, mais ils ne sont toujours pas en sécurité. Le monde moderne a fait apparaître un nouveau prédateur: l'automobile. La confrontation des animaux sauvages avec cette dernière a des effets désastreux.
"Chaque année, entre 70 et 150 daims meurent après avoir été renversé par un véhicule. La plupart du temps, les chauffeurs ne nous préviennent même pas. Ils ont peur de recevoir une amende", déplore Don Doran.
Outre les accidents, la pollution provoquée par l'intense circulation sur les routes du parc affecte la reproduction des ruminants. "Plus de 30.000 voitures traversent quotidiennement le Phoenix Park et la pollution entraîne une baisse de la fertilité des animaux", précise Margaret Gormley, la directrice adjointe du parc.
Pour remédier à ce fléau, des mesures plus restrictives pour les véhicules (réduction de la vitesse maximale autorisée et installation de dos d'âne) viennent d'être mises en place.
Merrill Goussot. (LPJ – Dublin) 7 février 2006
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