En cette journée mondiale de la francophonie, deux étudiantes du centre
de langue de l’Institut Français à Londres s’interrogent et débattent
sans tabou sur la francophonie. Extraits
Susan : A l’université, il y a deux ans, j’ai suivi un cours sur la
francophonie. En écoutant l’enseignante, j’ai eu l’impression que la
France possédait encore ces autres pays. Mais peut-être était-ce parce
que cette enseignante était très (trop) passionnée par son sujet. En
tous les cas, nous n’entretenons pas la même relation avec les pays du
Commonwealth. Le lien entre la France et les pays de la francophonie
est beaucoup plus fort.
Lindsay : Les autres pays de la francophonie m’intéressent plus que la
France. Originaire de l’ouest canadien, j’ai consolidé mon français en
Belgique francophone. Quand je suis arrivée en Belgique, les Belges
étaient enthousiasmés de voir qu’une Canadienne anglophone ait choisi la Belgique pour apprendre la langue française. En Belgique ou en
Suisse la mentalité est différente, la relation avec la langue
française est différente. J’ai une relation d’amour haine avec la
France que je n’ai pas avec les autres pays francophones. J’aime la
langue française et je l’apprends pour pouvoir voyager et séjourner
dans les pays de la francophonie.
Susan : Je ne comprends pas bien. Il y a des pays francophones où la
majorité des gens ne parlent pas le français, comme à Madagascar où ma
fille a séjourné.
Lindsay : Je me pose la question du rôle de la francophonie parce que,
malgré des liens historiques et étroits avec la France, dans des pays
comme le Vietnam, on choisit majoritairement d’apprendre l’anglais à
l’école.
Le professeur : Je n’ai pas, ce soir, de données chiffrées pour
répondre à vos deux dernières remarques. Mais je comprends vos
questions et réflexions. Elles montrent bien que nous devons continuer
à parler de la francophonie et à la célébrer pour mieux la connaître.
Par exemple, à l’Institut Français, vous vous familiarisez avec la
langue française (je devrais dire les langues françaises) et les
cultures francophones. Vous avez vos relations personnelles avec l’un
ou l’autre pays, l’une ou l’autre culture, mais votre intérêt pour la
langue française vous réunit, ici, dans la petite France de Londres, à
l’Institut Français. C’est un peu ce qui se passe entre les pays de la
mosaïque francophone : des histoires singulières, des destins
particuliers, des relations différentes, mais un point commun : une
langue en partage qui les soude !
Susan Jacobs, Lindsay Ruggles, étudiantes du cours Géopolitiques à
l’Institut Français à Londres. Professeur : Jean-Philippe Bottin.
(www.lepetitjournal.com – Londres) vendredi 20 mars 2008