Samedi, 11 Février 2012
En cette journée mondiale de la francophonie, deux étudiantes du centre de langue de l’Institut Français à Londres s’interrogent et débattent sans tabou sur la francophonie. Extraits

Susan : A l’université, il y a deux ans, j’ai suivi un cours sur la francophonie. En écoutant l’enseignante, j’ai eu l’impression que la France possédait encore ces autres pays. Mais peut-être était-ce parce que cette enseignante était très (trop) passionnée par son sujet. En tous les cas, nous n’entretenons pas la même relation avec les pays du Commonwealth. Le lien entre la France et les pays de la francophonie est beaucoup plus fort.

Lindsay : Les autres pays de la francophonie m’intéressent plus que la France. Originaire de l’ouest canadien, j’ai consolidé mon français en Belgique francophone. Quand je suis arrivée en Belgique, les Belges étaient enthousiasmés de voir qu’une Canadienne anglophone ait choisi la Belgique pour apprendre la langue française. En Belgique ou en Suisse la mentalité est différente, la relation avec la langue française est différente. J’ai une relation d’amour haine avec la France que je n’ai pas avec les autres pays francophones. J’aime la langue française et je l’apprends pour pouvoir voyager et séjourner dans les pays de la francophonie.

Susan : Je ne comprends pas bien. Il y a des pays francophones où la majorité des gens ne parlent pas le français, comme à Madagascar où ma fille a séjourné.

Lindsay : Je me pose la question du rôle de la francophonie parce que, malgré des liens historiques et étroits avec la France, dans des pays comme le Vietnam, on choisit majoritairement d’apprendre l’anglais à l’école.

Le professeur : Je n’ai pas, ce soir, de données chiffrées pour répondre à vos deux dernières remarques. Mais je comprends vos questions et réflexions. Elles montrent bien que nous devons continuer à parler de la francophonie et à la célébrer pour mieux la connaître. Par exemple, à l’Institut Français, vous vous familiarisez avec la langue française (je devrais dire les langues françaises) et les cultures francophones. Vous avez vos relations personnelles avec l’un ou l’autre pays, l’une ou l’autre culture, mais votre intérêt pour la langue française vous réunit, ici, dans la petite France de Londres, à l’Institut Français. C’est un peu ce qui se passe entre les pays de la mosaïque francophone : des histoires singulières, des destins particuliers, des relations différentes, mais un point commun : une langue en partage qui les soude !

Susan Jacobs, Lindsay Ruggles, étudiantes du cours Géopolitiques à l’Institut Français à Londres. Professeur : Jean-Philippe Bottin. (www.lepetitjournal.com – Londres) vendredi 20 mars 2008