Écrit par Blanche Baudouin
L’affiche du Bal des actrices
est un tel amusement esthétique que Blanche comprend comment elle a pu
être à l’origine d’une incroyable erreur médicale. Par chance, la
patiente sur qui les chirurgiens se sont trompés de sein pourra
contempler cette affiche à loisir
L’affiche est aussi belle que surprenante : on y voit des corps nus de
femmes enchevêtrées. Le mélange de tons de chair reste bien pudique
puisque les fesses sont cachées par des têtes, les tétons par des bras
et les toisons par des jambes. De cette harmonie non-indécente nait une
sorte d’araignée à mille pattes.
Mais le plus intéressant est que ces plastiques appartiennent toutes à
des actrices connues.
Et qu’en conséquence, il est plus que naturel de
se livrer à un exercice comparatif : de Jeanne Balibar, Romane
Bohringer, Julie Depardieu, Mélanie Doutey , Marina Foïs, Estelle
Lefebure Maïwenn Le Besco, Linh Dan Pham, ou Karin
Viard, à qui appartient cette longue cuisse, ce ventre rebondi, ou
cette cheville épaisse ?
Pour que vous saisissiez bien de quoi il en retourne, je vous fais un
gros plan sur l’affiche du second film de Maïwenn Le Besco -excellent au demeurant.
C’est ce qui a dû se passer dans le bloc opératoire du centre
Léon-Bérard de Lyon, la semaine dernière. L’équipe chirurgicale se
refilait l’affiche qui circule dans toutes les bonnes charcuteries et
jouait à "remettons la tête vip sur le bon corps". On sait combien
les toubibs sont joueurs…
Concentrés sur les anatomies d’actrices, ils se faisaient passer
scalpel et autre instrument machinalement. Le "
zut"de l’un d’entre
eux les a sortis de leur rêverie collective : ils venaient d’amputer le
sein droit alors que la patiente était là pour une ablation du gauche…
Triple zut !
Qu’à cela ne tienne se sont-ils écriés d’un seul homme en balançant
l’affiche dans un coin, ils ont aussitôt réparé leur erreur, en
supprimant le gauche aussi.
A son réveil, se trouvant drôlement plate, la patiente de 61 ans aurait
demandé qu’on lui affiche le poster du Bal des actrices face à son lit.
Les consolations prennent parfois des chemins mystérieux.
Blanche BAUDOUIN. (www.lepetitjournal.com) vendredi 6 mars 2009