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Les Madres de Plaza de Mayo ont achevé hier un cycle de 1.500 marches, commencé voilà 25 ans lorsque pour la première fois elles avaient osé braver ouvertement la dictature militaire. Dans un témoignage poignant, l’une d’entre elles, Nadia Rieny, a expliqué au Petitjournal.com leur longue lutte
Nadia Rieny, prête pour la dernière marche de la Résistance. (Photo : LPJ - ST)
Nadia Rieny fait partie de la Commission de l’Association des Madres de Plaza de Mayo. Elle est l'une des 70 pionnières qui, voilà 25 ans, ont osé braver ouvertement la dictature militaire (1976-1983) qui sévissait en Argentine. Nadia effectue pour Lepetitjournal.com une brève mise au point d’une lutte sans trêve en quête de leurs enfants disparus : "Un jeudi de décembre, en rang serré nous avons prolongé notre marche hebdomadaire pour la poursuivre 24 heures durant. La marche de la Résistance avait débuté, sous l’étroite surveillance de contingents militaires aux bâtons menaçants. Mais, quand votre enfant vous a été arraché, la peur n’existe plus. Vous avez tout perdu ! Un 21 juillet, à 2h du matin, un groupe militaire de tareas (tâches) est venu me chercher. Ils avaient déjà arrêté ma belle-fille et recherchaient mon fils. Depuis je ne les ai plus revus... C’est mon histoire, mais c’est surtout notre histoire commune. Celle des 30.000 disparus."
A Plaza de Mayo, l'obélisque sert de support aux photos des enfants disparus. (Photo : LPJ - ST)
25 ans, 1.500 marches de la Résistance, un chapitre qui se ferme pour en ouvrir d’autres
Nadia, 79 ans, poursuit son témoignage : "Ce jeudi 26 janvier, c’est notre marche de la Résistance numéro 1.500. Nous avons décidé de ne plus les continuer. Nous ne sommes plus très jeunes, ni nombreuses. Il nous coûte de marcher 24 heures durant. Et puis, maintenant le gouvernement du président Kirchner s’occupe enfin des droits de l’homme. Ni les gouvernement de Raúl Alfonsin, et encore moins celui de Carlos Menem ne l’avaient fait ! Et puis surtout, nous croyons que notre objectif de mémoire a été atteint : nos enfants ne sont pas des os. Nos enfants ce sont leurs idéaux que nous portons et transmettons".
Les Madres de Plaza de Mayo ont ainsi créé une université populaire qui compte cette année plus de 1.500 nouvelles inscriptions. Hebe de Bonafini, présidente de l’association entreprend d’autres luttes : contre la faim, contre la prostitution infantile, pour une distribution égalitaire de la richesse. Des luttes que leurs enfants auraient certainement menées.
Suzanne THIAIS. (LPJ) 27 janvier 2005 Plus d’infos : www.madres.org |