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INTERVIEW - Rencontre avec Ariane Ascaride Version imprimable Suggérer par mail
jeudi 12 janvier 2006

A l’occasion de la sortie en Espagne du film français Brodeuses ("Bordadoras" dans sa version espagnole), Ariane Ascaride a délaissé son cher Marseille pour faire escale à Barcelone. Rencontre avec une femme qui aime les défis

Ariane Ascaride, devant le Cinéma Verdi de Barcelone, mercredi 11 janvier (Photo LPJ) 

Lepetitjournal.com : Comment s’est passée votre rencontre avec Eléonore Faucher, la réalisatrice du film ?
Ariane Ascaride
: J’avais fait une lecture de son scénario au cours du Festival Premier Plan d’Angers. Ce jour-là, Eléonore ne m’a pas dit un mot. C’est seulement dix jours plus tard qu’elle m’a appelé pour me proposer le rôle. Je lui ai répondu que le personnage de Mme Mélikian était Tchèque, et que je n’avais pas vraiment la tête d’une Tchèque ! Elle m’a alors proposé de faire d’elle une Arménienne, et j’ai accepté.

LPJ : Le rôle était pourtant destiné à une actrice plus âgée. Ce n’a pas été un problème de vous vieillir ?
A.A :
Mais je trouve ça formidable de se vieillir ! L’un de mes plans préférés est le premier que l’on voit de mon personnage : j’apparais complètement détruite. Je me dis que j’ai bien travaillé sur ce plan là !

LPJ : Brodeuses est le premier long-métrage d’Eléonore Faucher. Vous n’avez pas hésité à vous lancer dans une première réalisation?
A.A :
Je n’ai jamais travaillé autrement que de cette manière. Ne pas prendre de risque en faisant mon métier ne m’intéresse pas, sinon je ferais un autre métier.

LPJ : Le film a un coté intemporel, alors qu’on est plutôt habitué à vous voir dans des films ancrés dans la réalité sociale… 
A.A : C’est vrai, et je pense qu’Eléonore savait que cela donnerait une lecture très large au film, dans n’importe quel pays. C’est également une façon de rendre l'histoire plus poétique et de lui faire prendre de la hauteur.

LPJ : Vous êtes une habituée des films d’auteur. Vous n’avez jamais eté tentée par le cinéma commercial ?
A.A :
Si vous voulez savoir si j’ai envie de me retrouver en première page des magazines, alors la réponse est non. Ça ne m’intéresse pas.

LPJ : Vous venez d’écrire le scénario de Voyage en Arménie. Est ce que vous auriez des projets de réalisation ?
A.A :
J’ai écrit ce scénario en collaboration avec Marie Desplechin. Nous venons d’en écrire un autre, et peut-être que celui là, je ne le donnerai à personne. Peut être que je le ferai moi ! Mais vous savez, quand on a 30 ans et qu’on veut faire un film, on est poussé par quelque chose qui tient de l’inconscience. Alors que lorsque l’on a mon âge, c’est plus difficile, parce qu’on est un peu raide, parce qu’on sait un peu mieux comment les choses fonctionnent. Il faut donc que j’arrive à retrouver une certaine forme d’inconscience. Et si je la retrouve, oui, je le ferai !
Sarah PAROT. (LPJ) 13 janvier 2006.

Brodeuses - Brodadoras
Sortie vendredi 13 janvier en Espagne

 
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