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Le Carnaval dure de l´Epiphanie à la veille du mercredi des cendres. Autrefois, durant toute cette période, les villageois polonais paradaient affublés de masques, de costumes pour fêter l´arrivée du printemps. Le musée d´Ethnographie de Varsovie immortalise cette tradition en présentant quelques pièces de sa collection
Le Carnaval au Musée ethnographique de Varsovie (Photo LPJ)
Dans une petite salle, le musée d´Ethnographie de Varsovie, présente quelques costumes traditionnels de la fête mais aussi les différentes communautés minoritaires de Pologne - juifs, tziganes et gens du voyage. L´existence de ces familles dans les villages polonais est retracée au travers de photos, de films, d´objets, de textes et de dessins. Juxtaposition a priori étrange, qui s´explique par le fait que ces personnes étaient, à l´époque, les seuls étrangers que les populations rurales polonaises côtoyaient.
Ils prenaient part aux cérémonies de Carnaval avec leurs costumes originaux. En réalité, ils incarnaient l´exotisme et devenaient une source d´inspiration pour les villageois, lorsque ceux-ci imaginaient leurs masques et leurs costumes de fête. Mais lors du défilé, on trouvait aussi masques de bois, de papier mâché, couverts de laine, costumes très colorés, personnages ou animaux imaginaires ou réels (ours de paille, cigognes, boucs).
Filles à marier
A cette époque, le Carnaval était le temps des banquets, de la danse, de la mascarade. Cette fête s´accompagnait de rituels, d´initiation, de magie. Elle annonçait l´arrivée du printemps et l´espoir de bonnes récoltes.
Les derniers jours de Carnaval, en Petite Pologne, par exemple, il était d´usage, d´organiser une fête appelée "podziolek" qui réunissait toutes les jeunes filles célibataires. Podkoziolek désignait l´ensemble du rituel mais aussi la tête d´un bouc sculpté dans le bois, symbole de la fertilité masculine. Les filles à marier dansaient avec leurs sœurs et amies, puis avec des jeunes hommes. Avant chaque danse, elles mettaient une pièce de monnaie dans une assiette prix de leur indépendance, de leur vie encore dégagée de tout devoir conjugal.
Ce geste accompagne aussi la réalisation d´un vœux, celui de convoler en noces dans l´année. Dans la région de Kujawy, autrefois, danses et musiques prenaient définitivement fin le dernier mardi de Carnaval à minuit lorsque le musicien était emmené à l´extérieur du village pour y être symboliquement décapité.
La nouvelle saison pouvait alors commencer ainsi qu´un nouveau cycle de festivités.
FL. (LPJ - Varsovie) 21 février 2006 Pratique :
Muzeum etnograficzne
Ul. Mazowiecka 13
Varsovie
Tel.022 826 85 33
Ouvert mardi, jeudi et vendredi de 09 :00 à 16 :00, le mercredi de 11 :00 à 18 :00 (entrée libre), le samedi et dimanche de 10 :00 à 17 :00
Prix entrée normale : 8 zl
Selon le musée d´ethnographie, les origines les plus anciennes du carnaval en Pologne remonteraient au 17ème siècle. C´est du moins ce qui transparaît à la lecture d´ouvrages tels que “Miesopust albo tragicocomedia”, une comédie bourgeoise de 1622, “les satires” de Miaskowski, de chansons ou épigrammes d´auteurs inconnus réunis dans une anthologie “Kiermasz wiesniacki”.
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