Les forces anti-émeutes ont utilisé gaz lacrymogènes et barrages pour empêcher la progression vers Athènes d’environ 1.000 agriculteurs et une cinquantaine de tracteurs en provenance de Crète. Les agriculteurs, mobilisés depuis plus de 2 semaines, demandent toujours une réévaluation du prix de leur production et un soutien du gouvernement
Alors que l’on observe un retour à la normale dans le reste du pays après que le gouvernement ait proposé la semaine dernière une enveloppe de 500 millions d’euros d’aides, les agriculteurs à la frontière bulgare et les agriculteurs crétois restent mobilisés. C’est ainsi qu’environ 1.000 fermiers en provenance de Crète sont arrivés hier par bateau au Pirée et ont tenté, au volant de leurs tracteurs, de rejoindre le centre d’Athènes. Une tentative qui a échoué, les forces de police mobilisées ayant reçu l’ordre strict de ne laisser aucun véhicule atteindre les artères de la capitale. Le secrétaire du ministère de l’Agriculture Michalis Papadopoulos s’est dit prêt à recevoir au ministère une délégation de fermiers, précisant même avec lyrisme qu’il considérait le ministère "
comme la maison de tous les fermiers aux portes toujours ouvertes". Au moins deux personnes ont été blessées durant les affrontements, dont une député socialiste crétoise, Maria Skrafnaki, venue apporter son soutien aux agriculteurs. Ironie du moment, elle a dû être hospitalisée pour blessure au pied après qu’un tracteur lui ait roulé dessus.
Le ministre de l’Agriculture à BruxellesM. Hatzigakis était lui dans le même temps à Bruxelles pour défendre la légalité de son enveloppe de 500 millions d’euros auprès de la Commission Européenne. Dans le cadre de la Politique Agricole Commune (PAC), les états membres sont en effet contraints de respecter un niveau plafond de subventions à leur agriculture. Et cette nouvelle aide du gouvernement pourrait bien faire basculer la Grèce au-delà des seuils. C’est en tout cas ce qu’a dû chercher à comprendre le Commissaire responsable de l'Agriculture et du développement rural, Mariann Fischer Boel. M. Hatzigakis a précisé une fois de plus à son interlocutrice que l'enveloppe de 500 millions € qui a été libérée pour les agriculteurs grecs concernait les dédommagements pour les produits ayant souffert des conditions météorologiques extrêmes. A ce sujet, il a souligné que "t
outes requêtes concernant un soutien extraordinaire des revenus vont à l'encontre des directives de l'UE et ne peuvent être adoptées et promues par la Grèce. Les entretiens et engagements sur ces questions engendrent des problèmes de crédibilité de l'Etat et mettent en danger la position de négociation de la Grèce au sein de l'UE". Le ministre restera à Bruxelles aujourd’hui pour tenter de convaincre ses partenaires européens de la légitimité de son action.
Adéa Guillot (www.lepetitjournal.com/athenes.html) mardi 3 février 2009