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Les capitales européennes ont décidément la nostalgie des années 1950. Dans la lignée de l’expo-photos Willy Ronis, à l’Hôtel de Ville de Paris, 77 clichés du photographe hollandais Cas Oorthuys sont présentés à Madrid . Témoignages rares sur l’époque franquiste, ces photos étonnent par la joie de vivre des Madrilènes qu’elles laissent entrevoir
(Photo Cas Oorthuys, Musée de la Photographie des Pays Bas .Nederlands fotoMuseum- Rotterdam)
Des lieux familiers tels la Plaza Mayor, el Retiro, el Rastro... Des hommes, des femmes et des enfants souriants, tels ces ouvriers réparant l'enseigne du métro de la Puerta del Sol... Les photographies de Cas Oorthuys sont un témoignage rare sur la vie du Madrid des années 1950. En pleine dictature franquiste, l'objectif du photographe hollandais parvient à faire oublier ce pesant contexte politique. Il ne montre que les Madrilènes, dans leur quotidien : au marché, à la sortie des bureaux, en promenade au Retiro, en soirée dans les bars de la Gran Vìa. Ceci afin de ne faire ressentir au visiteur que des émotions furtives, saisies et volées au détour d'une rue, au hasard de ses promenades dans la capitale espagnole.
Les organisateurs de l'exposition Madrid, mayo 1955. Cas Oorthuys ont particulièrement insisté sur la contradiction présente sur toutes ces photos, qui fait leur richesse même.
El vivir sòlo es soñar
Et le commissaire de l'exposition, Horacio Fernàndez, n'avait qu'un mot à la bouche, lors de l'inauguration officielle de l'exposition: "N'oubliez que nous sommes là en période de dictature".
Initialement, ces clichés étaient destinés à illustrer un livre de voyages hollandais : Hart Van Spanje (Le coeur de l'Espagne), qui a connu un fort succès. Reste qu'avec cette exposition, ils acquièrent un nouveau sens, les quelques notes explicatives présentes dans les salles étant à cet égard précieuses.
Ainsi, cette citation de Calderòn de la Barca : "Pues estamos en un mundo tan singular que el vivir sòlo es soñar", interroge le visiteur sur ce qu'il voit ou ne voit pas du Madrid de 1955. Et le laisse songeur...
Georgia DIAZ. (LPJ) jeudi 19 janvier 2006 Exposition Madrid, mayo 1955. Cas Oorthuys
Du 18 janvier au 5 mars 2006
Du mardi au vendredi (10-20h 30), samedi (11-14h, 17h30-20h30) et dimanche (11-14h30).
Fundaciòn Carlos de Amberes, Calle Claudio Coello 99, 28 006 Madrid.
www.fcamberes.org |