Le rayonnement français à l’étranger est menacé par une forte baisse
des crédits consacrés à la politique culturelle extérieure de la
France. Nous approchons-nous de la mort de la culture française
annoncée par le Time ?
Le quai d’Orsay veut fermer des Instituts français en Europe pour en ouvrir en Asie (photo LPJ)
Suite au vote de la loi de finances 2009, les crédits culturels,
scientifiques et techniques du quai d’Orsay, passent de 360 à 297
millions d’euros.
Cette dégradation budgétaire oblige le cabinet de
Bernard Kouchner à faire des choix de raison et à définir de nouvelles
priorités. En 2007, le
Time magazine avait déjà “prédit” la mort de la
culture française. Mais cette semaine, les quotidiens français
s’alarment à leur tour comme
Le Monde qui titre
"La présence culturelle
française à l’étranger étranglée par la baisse de crédits".
Libération
enfonce le clou avec
"Débacle au Quai, situation catastrophique,
Bérézina", même
Le Figaro plus nuancé, parle de “
masochisme culturel”.
Selon le ministre des Relations Extérieures, "
il faut réinventer la
coopération culturelle, le réseau français doit être adapté aux
réalités financières et aux évolutions géopolitiques".
En gros, seront maintenus les 100 millions d’euros destinés aux 18.000
étudiants étrangers boursiers, les enveloppes destinées aux alliances
françaises, à l’agence CulturesFrance et aux fouilles archéologiques.
Trop de frais
En revanche, 2009 annonce une réduction des postes culturels pouvant
atteindre 30%, avec l’annulation de programmes de séjours d’artistes
français à l’étranger mais aussi la fermeture de certains centres et
instituts présents dans le monde -on dénombre 148 établissements
culturels et 283 alliances françaises. “
N’en déplaise aux grincheux et aux diplomates anonymes, Il n'est plus
indispensable d'entretenir à grands frais des dizaines de centres
culturels en Europe alors qu'en Asie, au Moyen-Orient nous ne sommes
pas assez présents "ajoute Bernard Kouchner.
L’Irak, l’Afghanistan, la
Palestine sont donc épargnés, un nouveau centre ouvrira même à Erbil au
Kurdistan mais on prévoit -14% au Maghreb, -15% en Allemagne ou en
Ukraine, -23% au Chili, en Ethiopie, aux Philippines ou au Kenya, et
-30 % à Cuba !
Si la culture était jusqu’à aujourd’hui l’arme douce de la diplomatie
française, la pilule est d’autant plus amère que nos voisins européens
prennent le contre-pied. Le Goethe Institut allemand relance son budget
de 12,4%, le British Council de 5,5%, les centres espagnols Cervantes
de 66%, sans compter l’ouverture par les chinois de Confucius Centers dans le monde entier.
Sylvie Forder. (www.lepetitjournal.com) vendredi 30 janvier 2009
Lire aussi
Le Monde :
La présence culturelle française à l’étranger étranglée par la baisse de crédits
Libération :
Débacle au Quai, situation catastrophique, Bérézina
Le Figaro :
La diplomatie de la France est aussi culturelle