Mardi, 14 Février 2012
Le rayonnement français à l’étranger est menacé par une forte baisse des crédits consacrés à la politique culturelle extérieure de la France. Nous approchons-nous de la mort de la culture française annoncée par le Time ?

Le quai d’Orsay veut fermer des Instituts français en Europe pour en ouvrir en Asie (photo LPJ)

Suite au vote de la loi de finances 2009, les crédits culturels, scientifiques et techniques du quai d’Orsay, passent de 360 à 297 millions d’euros.
Cette dégradation budgétaire oblige le cabinet de Bernard Kouchner à faire des choix de raison et à définir de nouvelles priorités. En 2007, le Time magazine avait déjà “prédit” la mort de la culture française. Mais cette semaine, les quotidiens français s’alarment à leur tour comme Le Monde qui titre "La présence culturelle française à l’étranger étranglée par la baisse de crédits". Libération enfonce le clou avec "Débacle au Quai, situation catastrophique, Bérézina", même Le Figaro plus nuancé, parle de “masochisme culturel”.
Selon le ministre des Relations Extérieures, "il faut réinventer la coopération culturelle, le réseau français doit être adapté aux réalités financières et aux évolutions géopolitiques".
En gros, seront maintenus les 100 millions d’euros destinés aux 18.000 étudiants étrangers boursiers, les enveloppes destinées aux alliances françaises, à l’agence CulturesFrance et aux fouilles archéologiques.

Trop de frais
En revanche, 2009 annonce une réduction des postes culturels pouvant atteindre 30%, avec l’annulation de programmes de séjours d’artistes français à l’étranger mais aussi la fermeture de certains centres et instituts présents dans le monde -on dénombre 148 établissements culturels et 283 alliances françaises. “N’en déplaise aux grincheux et aux diplomates anonymes, Il n'est plus indispensable d'entretenir à grands frais des dizaines de centres culturels en Europe alors qu'en Asie, au Moyen-Orient nous ne sommes pas assez présents "ajoute Bernard Kouchner.
L’Irak, l’Afghanistan, la Palestine sont donc épargnés, un nouveau centre ouvrira même à Erbil au Kurdistan mais on prévoit -14% au Maghreb, -15% en Allemagne ou en Ukraine, -23% au Chili, en Ethiopie, aux Philippines ou au Kenya, et -30 % à Cuba !
Si la culture était jusqu’à aujourd’hui l’arme douce de la diplomatie française, la pilule est d’autant plus amère que nos voisins européens prennent le contre-pied. Le Goethe Institut allemand relance son budget de 12,4%, le British Council de 5,5%, les centres espagnols Cervantes de 66%, sans compter l’ouverture par les chinois de Confucius Centers dans le monde entier.
Sylvie Forder. (www.lepetitjournal.com) vendredi 30 janvier 2009

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Le Monde : La présence culturelle française à l’étranger étranglée par la baisse de crédits
Libération : Débacle au Quai, situation catastrophique, Bérézina
Le Figaro : La diplomatie de la France est aussi culturelle