Le mouvement de blocus des routes du pays entamé le 19 décembre par les agriculteurs devrait être maintenu cette semaine et s’étendre au Péloponnèse dès ce matin. Les manifestants demandent notamment une hausse du prix du coton, du blé et du maïs. L’enveloppe de 425 millions d’euros débloquée par le gouvernement ne fait pas l’unanimitéCela fait bientôt une semaine que les agriculteurs bloquent les artères principales du nord de la Grèce, empêchant ainsi tout trafic en provenance des pays frontaliers à destination des ports du pays. Des tracteurs restaient toujours immobilisés dimanche à la Canée (Crète), sur la route nationale Athènes-Thessalonique (Tembi, Nikaia, Mikrothives, Alamana et Kastro Voiotias), aux postes-frontières de Promachona et Exochi, ainsi que sur la Voie Egnatia, à la hauteur de Kipoi Evrou.
Hausse des prix et revenu garantiLes agriculteurs demandent un prix d’achat garanti à un niveau plus élevé que celui imposé par l’Union Européenne pour un certains nombre de produits dont le maïs, le blé ou le coton. En réponse à cette forte mobilisation, le gouvernement a proposé la semaine dernière une enveloppe de 425 millions d’euros aux Assurances agricoles grecques (ELGA) pour soutenir les agriculteurs et a prévu des procédures rapides pour que ces fonds commencent à être distribués dès aujourd’hui. L’effort consenti par le ministre du Développement agricole, Sotiris Hatzigakis ne suffit pas aux agriculteurs dont le porte-parole du barrage routier de Nikaia, à Larissa, M. Boutas a vendredi dernier déclaré :
"Nous ne demandons pas le paiement de nos revenus. Nous demandons que nos revenus soient garantis, à savoir qu'est-ce que nous cultiverons et qu'est-ce que nous toucherons". Les manifestants s’interrogent par ailleurs sur les modalités de distribution de ces revenus. Une réunion entre les syndicats et le ministre Hatzigakis est prévue ce lundi à 18h à Athènes.
Du nord de la Grèce au PéloponnèseDes formations d’agriculteurs dans le Péloponnèse ont informé les autorités de leur intention de bloquer dès aujourd’hui l’accès au pont au dessus de l’Isthme de Corynthe alors que des barrages continuent aux frontière avec la Turquie et la Bulgarie. La Bulgarie a d’ailleurs formulé une plainte officielle auprès de l’ambassade de Grèce à Sofia pour atteinte aux principes de libre circulation des marchandises dans l’Union Européenne. En postant leurs barrages sur des routes névralgiques du pays, c’est bien l’accès à toute la Grèce et à ses ports qui se trouve compromis. Une situation qui s’était déjà produite pendant plusieurs semaines en 1997 et qui s’était achevée par la décision du gouvernement d’alors de démanteler les barrages en crevant les pneus des tracteurs durant la nuit.
A.G (www.lepetitjournal.com/athenes.htm) lundi 26 janvier 2009