Mardi, 14 Février 2012
Sachant que cinq heures auraient suffi pour lourder le bébé et revenir au boulot, Blanche ne revient pas de l’inconsistance de la garde des sceaux. Elle la félicite toutefois pour son brushing et sa manucure des années Dallas

Cinq jours après avoir accouché, Rachida se transforme en Ellie Ewing. En brune (photo AFP)
L’âge allant, je ne cesserai d’oublier toujours plus profondément les personnages marquants de mon enfance. Un peu plus, j’allais zapper Dallas -l’inénarrable feuilleton télévisé des années 80.
Grâce lui soit rendue, grâce au brushing de sa sortie de maternité, la ministre de la justice a ressuscité Ellie Ewing. Vous vous souvenez ?
C’était la femme de Jock l’éleveur pétrolisant, et la mamma de JR et consorts. Le carré ras-de-nuque et de front, elle portait toujours une sorte de mèche figée et soulevée par les premiers gels capillaires. En blond et à droite sur la photo.
En ces années Mitterrandiennes, cette élégance de frange haut portée a dû marquer Rachida Dati qui 25 ans plus tard l’a reproduite à l’identique ce 7 janvier 2009. En brun et à gauche sur la photo.
Comme Ellie Ewing aussi, Rachida avait une manucure im-pec-cable. A tel point qu’un instant j’ai craint qu’elle ne griffe Zohra en la langeant.

Flatter la croupe
Mais à la différence de la mum de Bobby Ewing, Rach’ n’était pas une mémé puisqu’elle venait de fêter ses 44 ans. Trop prise à la fois pour continuer de penser que la frange surélevée de gel était du dernier cri, et pour distinguer le père de sa première enfant. Trop prise aussi pour réaliser que l’arrivée d’un être jusqu’ici inexistant générait une ancestrale et saisissante curiosité.
En revenant à son poste cinq jours après avoir enfanté, la ministre de la justice s’est crue à Southfork Ranch où il fallait pomponner un canasson pour que le pétrole coule à flots. Elle a dû penser que son cheval de tête allait apprécier qu’elle se pointe au Conseil des ministres malgré une incompressible montée de lait. Et que les félicitations allaient tomber.
Mais elle s’est plantée : dans les années Dallas ce n’était pas cinq jours qu’il fallait pour illustrer sa performance, mais cinq heures. Grand max.
Honte à toi Rachida : tu as lambiné. La nation et Zohra sauront-elles jamais te pardonner ?
Blanche BAUDOUIN. (www.lepetitjournal.com) mercredi 28 janvier 2009