Écrit par Sébastien VANNIER
SPD et Union devraient aujourd’hui se mettre d’accord sur un nouveau paquet de mesures pour sauver les entreprises, après un premier consacré aux banques. Baisse d’impôts ? Nationalisation de la deuxième banque d’Allemagne ? Le gouvernement peine à trouver une solution face aux chiffres catastrophiques de l’économie du pays
Nuages sur Francfort, et sur le reste de l'économie allemande (photo. S. Vannier)Angela Merkel l’avait annoncé : son gouvernement attendrait la rentrée de janvier pour prendre de nouvelles mesures. Cette période de réflexion jugée trop longue face à l’urgence de la crise lui avait valu le surnom de "Madame Non"en Europe, au moment où son homologue français, Nicolas Sarkozy tenait, comme à son habitude, le devant de la scène à la tête de l’Union Européenne.
Au chevet des entreprisesLe fameux "Konjonkturpaket II", le deuxième paquet de mesures pour relancer l’économie, devrait donc prendre forme dans les tous prochains jours. Celui-ci prévoit, outre des investissements infrastructurels par exemple pour les routes et les écoles, une aide aux entreprises en recherche de fonds, notamment dans l’industrie automobile, ainsi qu’une réforme fiscale. Lors de la réunion de coalition de ce lundi, CDU/CSU et SPD devront se mettre d’accord sur les modalités de mise en œuvre de ces mesures. Les chrétiens-démocrates, partisans d’une baisse d’impôt, tenteront de convaincre le SPD, qui préférait dans un premier temps baisser les charges comme les cotisations sociales, mais qui pourrait finalement rebrousser chemin. Les socio-démocrates tiennent cependant à ce que la charge fiscale augmente pour les très gros salaires. Le Bundestag devrait être convoqué de manière exceptionnelle mercredi pour valider ce paquet qui pourrait atteindre 50 milliards d’euros.
Le choc CommerzbankUn premier paquet de mesures avait été décidé dans les premières semaines de la crise pour venir au secours des banques après que l’Allemagne ait été touchée de plein fouet par l’affaire Hypo Real Estate. Le paysage bancaire allemand a ainsi été secoué la semaine dernière par l’annonce de la nationalisation partielle de la Commerzbank, deuxième banque privée du pays. En grande difficulté, notamment depuis le rachat de la Dresdner Bank, la Commerzbank vient d’accepter une nouvelle aide de dix milliards d’euros de la part de l’Etat qui, en contrepartie, devient propriétaire de 25 % plus une action, de deux sièges au comité directeur et possède ainsi une minorité de blocage.
Quelle récession pour 2009 ?Ces mesures interviennent pour tenter de sauver l’économie allemande qui est gravement touchée par la crise financière. Sa situation de "championne du monde de l’exportation", si elle l’a souvent servi, la laisse vulnérable aux crises venues de l’extérieur. Les chiffres du dernier trimestre ont été catastrophiques et le gouvernement va très certainement revoir ses prévisions de croissance à la baisse. Si la version officielle prévoit encore le chiffre de +0,2% de croissance pour 2009, le gouvernement tablerait désormais plutôt sur -2, voire -3%, accentuant encore la dette du pays.
Sébastien VANNIER (www.lepetitjournal.com/berlin.html) lundi 12 janvier 2009