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Ils viennent du Cameroun, de Turquie, de Palestine, du Liban, de France, d’Irak et bien sûr d’Italie… Ils ont une formation de juriste, d’informaticien, de pharmacien ou ils sont déjà dans le monde du travail. Ces jours-ci, une vingtaine d’étudiants, tous âges confondus, se retrouvent à Turin avec un objectif commun : suivre une formation qui leur permettra d’effectuer des missions de maintien de la paix Mi-janvier, les étudiants du master en peacekeeping management proposé depuis 2002 par l’Université de Turin sont arrivés en Italie. En réalité, leur formation a commencé il y a un mois et demi : ils ont suivi dans leur pays une formation théorique de base, première partie de ce master, grâce au système du e-learning, dans des matières telles que l’anthropologie, le droit international public, les relations internationales et l’économie internationale. Cet enseignement à distance n’est pas seulement un signe des temps : il est indispensable depuis que les cours, pour la troisième année consécutive, sont proposés en anglais. Un passage à l’anglais qui a permis une internationalisation du recrutement (la promotion de l’année dernière était surtout composée de personnes provenant d’Europe de l’Est, cette année elle est plutôt à dominante africaine) et qui a occasionné de profonds changements dans l’organisation : tout d’abord en ce qui concerne le choix de professeurs capables d’enseigner en anglais, mais aussi sur le plan méthodologique, puisqu’un modèle laissant une grande place à l’écrit et à la participation orale a été substitué au modèle traditionnel italien fondé presque exclusivement sur l’examen oral. Une fois la base conceptuelle en place, dès leur arrivée à Turin, toute une série de conférences permettent aux étudiants d’aborder les problèmes et les défis actuels dans le domaine du maintien de la paix. De nombreux intervenants les aident également à approfondir plus concrètement la formation de base. La deuxième phase de la formation peut alors commencer : prévention du conflit, négociation et médiation, reconstruction post-conflit, les différentes étapes du maintien de la paix sont au programme.
Coller au terrain : le plus du master turinois La troisième et dernière phase de la formation est extrêmement pratique. Elle est possible grâce à la collaboration entre l’Université de Turin et l’armée italienne : il s’agit d’une semaine d’entraînement intensif dans le camp militaire de Baudenasca, au cours de laquelle les étudiants sont encadrés par la brigade alpine Taurinense, forte de l’expérience acquise au fil des ans dans la gestion de bien des conflits. Là, perdus au milieu des bois des environs de Pinerolo, les futurs peacekeepers pourront vivre des situations auxquelles ils seront fatalement confrontés un jour ou l’autre au cours d’une mission. Au centre de l’entraînement, des questions pratiques et souvent vitales concernant la sécurité sur le terrain. C’est cet aspect concret qui distingue le master en peacekeeping management de l’Université de Turin : ces personnes seront appelées un jour à gérer des situations difficiles, elles ont donc absolument besoin de posséder des outils pratiques. Coller au terrain : c’est également pour répondre à cette exigence que, parallèlement aux trois phases institutionnelles citées ci-dessus et grâce à une collaboration fructueuse avec le Staff College (l’organisme qui, à Turin, forme les cadres des Nations Unies) ou en faisant appel à des consultants externes, toute une série de séminaires sont organisés pour permettre aux étudiants de mieux appréhender les problèmes au cours de leurs futures missions : gestion du stress sur le terrain, relations avec les médias, autant d’enseignements qui seront indispensables dans la voie professionnelle qu’ils ont choisi de suivre. Christine CORREALE. (www.lepetitjournal.com – Turin) mardi 13 janvier 2008 Pour en savoir plus : www.peacekeeping.it
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