| Ecrit par Marion Guyonvarch,
le 12-01-2009 00:00
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Entrés en 2007 dans l’Union européenne, Roumains et Bulgares ne peuvent toujours pas travailler librement dans l’ensemble des pays membres et sont encore largement soumis à des restrictions, que la crise financière mondiale vient renforcer
Deux ans après leur entrée dans l’UE, les citoyens roumains, comme leurs voisins bulgares, ne sont toujours pas considérés comme des citoyens européens de plein droit ; c’est ce qui ressort d'un rapport publié jeudi par la Commission européenne. Un rapport qui révèle que de nombreux Etats membres continuent de restreindre l’accès des Roumains et des Bulgares à leur marché du travail, et que ce phénomène s’accentue dans le contexte de crise actuelle. De peur que les travailleurs autochtones perdent leur emploi, les pays européens ont tendance à prendre prétexte de la crise pour continuer de "protéger" leur marché du travail. La preuve avec la déclaration de Phil Woolas, ministre britannique des Frontières et de l’Immigration, qui a lancé qu'il fallait "en premier lieu que nous assurions un emploi à nos citoyens".
Restrictions maintenues Comme les pays entrés dans l’UE en 2004, la Roumanie et la Bulgarie se sont vues imposer des restrictions d’accès au marché du travail de nombreux pays membres lors de leur adhésion. Des restrictions en vigueur pour deux ans et qui, au plus tard, devront être complètement levées d’ici à 2012. Or, deux ans après leur mise en place, de nombreux pays sont décidés à les maintenir. Si le Danemark, l’Espagne, la Grèce, la Hongrie et le Portugal vont ouvrir complètement leurs frontières aux travailleurs roumains, la majorité des pays membres de l’UE vont maintenir ces restrictions. A l’image de la France qui n’a ouvert ses portes qu’aux ressortissants roumains et bulgares exerçant des métiers bien précis. La Grande-Bretagne, l’Allemagne, l’Italie sont eux aussi décidés à maintenir un accès restreint, accueillant les citoyens roumains et bulgares dans les secteurs où existe un important besoin de main-d’œuvre, comme la construction ou l’agriculture. Les Pays-Bas, qui avaient d’abord décidé d’ouvrir leur marché du travail, ont finalement rebroussé chemin. Dans son rapport, la Commission européenne a rappelé que l’arrivée de travailleurs roumains et bulgares ne va pas conduire à une hausse du chômage, et pour prouver ses dires s’est appuyée sur une étude réalisée en novembre dernier qui démontre que l’arrivée de ces travailleurs n’a pas entraîné de perturbations substantielles sur les marchés du travail des autres pays membres. La Commission encourage donc la levée de toutes les restrictions le plus vite possible.
Référendum en Suisse Par ailleurs, les travailleurs roumains sauront début février s’ils peuvent ou non prendre la direction de la Suisse ; un référendum est organisé le 8 février prochain sur le renouvellement d’un accord de libre circulation des travailleurs de l’UE en Suisse et l’extension de cet accord à la Roumanie et la Bulgarie. Une possible extension qui fait polémique, surtout dans les rangs des formations politiques xénophobes. L’Union démocratique du centre mène ainsi une virulente campagne contre l’adoption de l’accord, placardant par exemple des affiches représentant Roumains et Bulgares comme des corbeaux menaçant la Suisse. Les associations de défense des droits de l’homme ont affirmé leur opposition, et de nombreux hommes politiques font pression pour que le référendum soit validé. David Hiler, le président du Conseil d’Etat de la ville de Genève, a ainsi déclaré que "l’accueil des travailleurs roumains et bulgares était une question vitale" et a été suivi par le patronat genévois qui a aussi affirmé sa volonté de voir l’accord accepté. Histoire d’accentuer un peu plus la pression, la Commission européenne a averti qu’un éventuel "non" au référendum pourrait conduire à un blocage de la circulation des travailleurs suisses dans l’UE. Marion Guyonvarch (www.lepetitjournal.com - Bucarest) lundi 12 janvier 2009
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